N.20 Le cash

L’argent n’achète pas le bonheur qu’ils disent.
Il y a une part de vérité dans le dictons: un homme riche peut être tout autant sinon plus misérable qu’un homme pauvre. Le bonheur est un choix de chaque instant. Le bonheur se cache dans les petits cadeaux de la vie qui nous attendent à chaque tournure de phrase.

C’est pas en lançant mille piastres dans les airs que le bonheur va nous tomber sur la tête.

Ceci étant dit, avec de l’argent, tu peux acheter un gâteau de fête à une petite fille de 12 ans qui est triste de ne pouvoir inviter ses ami-es pour sa fête, faute de n’avoir de gâteau à leur offrir.

‘’M’a t’el l’acheter ton gâteau, moé, criss!’’

Que j’dige, en un langage autre que celui d’un québécois de fonds de rang.

De voir le visage de la fillette s’enflammer de joie tout en s’activant à appeler ses ami-es fût une émanation réelle de bonheur. Et ce, pour 12 piasses.

L’argent n’achète pas le bonheur mais avec 10$, tu peux payer l’abonnement au gym d’un ado de 15 ans pour qu’il aille se muscler en compagnie de ses amis.

L’argent n’achète pas le bonheur, pas directement.

Mais avec 22 piasses, tu peux payer le bill d’électricité de ton ami et de sa famille.
Demain il y aura de la lumière dans l’entrée quand tu iras y passer la soirée.

L’argent n’achète pas le bonheur mais pour 10$ tu peux te faire couper les cheveux, avoir ton épicerie pour la semaine, quelques chocolats en surplus et de retourner chez toi en taxi.

Ok, cet exemple là est typiquement Indien parce qu’au Québec, pour 10$ tu as un café et une napkin.

L’argent ne fait pas le bonheur, mais avec quatre ou cinq poignées de cash, tu peux prendre l’avion pour l’autre bout du monde, t’immerser dans une culture étrangère à la tienne, et de te libérer peu à peu de tes conceptions de comment les choses se doivent d’être.

Tu peux prendre le temps de te redéfinir jour après jour, parce que tu n’as pas à te soucier de la nourriture ni du logement.

L’argent ne fait pas le bonheur, mais facilite le voyage.

Une aventure remplie de moments « What the Fuck », de larmes de mélancolie impromptue et de rencontres étranges avec des gens merveilleux.

L’argent ne fait pas le bonheur, mais pour 10 roupies, tu peux acheter un thé chaï, t’asseoir et digérer toutes les expériences des six derniers mois tout en regardant les oiseaux voler au-dessus de ta tête. Si c’est pas ça l’bonheur je sais pas ce que c’est.

N.19 ‘’Les surprenantes vertus d’un pauvre musulman au coeur plus grand que l’ocean indien.


On s’est rencontrés dans un coin de rue par pur hasard, il y a deux mois environ. Tant de circonstances on dû coopérer pour que les étoiles s’alignent et qu’on soit au même endroit, au même moment. La chance n’a rien à voir.

C’était le destin, j’en suis persuadé.

Notre amitié se renforce à chaque jour qui passe. En sa compagnie, je gagne en dignité et souveraineté personnelle. Abdul, un ancien docteur ayurvédique pauvre comme un clou rouillé de fonds de tiroir mais tant de richesses émanent de cet homme, j’en suis perpétuellement surpris.

Un sourire montant jusqu’aux yeux, constamment droit et bienveillant, il n’y en a pas deux comme lui. Tout le monde le connaît. Ils disent tous que c’est un homme vénérable au grand cœur. Toujours joyeux de rendre service.

Un mala à la main, la prière jamais bien loin de ses lèvres, il est d’une telle foi envers Dieu que cela en est contagieux.

On s’lance des ‘’Incha Allah’’ et des ‘’Devam anigrèykète’’ à tout bout de champ.
‘’au rythme de dieu et que dieu te bénisse’’

L’autre jour, il m’a montré du pays. Le premier jour, on a marché pendant 7 heures.
Enfin de l’exercice digne de ce nom! Je l’attendais celui-là.

Rendu à Kovalam beach, une prière à moi fût exaucée: Un vrai double espresso.
C’est dur à décrire l’effet d’un double expresso dans un corps sans café depuis 2 mois.
Comme si mon corps et esprit étaient alignés parfaitement tout en étant alimentés par du 35 000 volts.

J’ai pas pu me retenir, j’ai sorti mon banjo et joué pendant une heure et demi sans m’arrêter. Et ce, devant une plage magnifique, bercé par l’air salin et le son des vagues.

Le paradis.

La sœur d’Abdul est propriétaire d’une maison à la montagne avec vue sur mer. Elle ne fût jamais terminée d’être construite et laissée à l’abandon. Moi et Abdul on va y mettre une toilette, une douche et une chambre. La maison sera mienne pendant mon temps ici.

Y’a de ces rencontres qui nous changent, qui nous ne laisseront pas être l’ancien et nous propulsent vers un autre niveau de souveraineté et de liberté personnelle.

Ma rencontre d’Abdul en est une comme ça.

La bonté, la générosité et l’amour inconditionnel c’est contagieux. J’en suis infecté et compte bien offrir cette fièvre à tous celles et ceux qui croiseront mon chemin.

N.18 l’hospitalité à l’Indienne

En Inde, l’hospitalité est telle qu’on t’invite en leur demeure pour y rencontrer toute la famille après t’avoir rencontré sur un coin de rue, un après-midi hasardeux de tous les jours.
On t’y offre une chaise pour s’asseoir, un thé chai et on te nourris jusqu’à ce que ton ventre soit rond. Si chacun reçoit deux portions, en tant qu’invité, tu en reçois quatre.

À un certain moment tu devras apprendre à dire non. Trois doshas c’est assez.
Mais ils t’en apportent deux de plus ainsi qu’un autre poisson frit.
Tu peux refuser.
Exprimer que tu es rassasié et satisfait mais cela ne fonctionne pas à tout coup.
Dans le doute, dit merci et puis continue de t’empiffrer.

Ils. te serviront du thé.
Oui, c’est un stimulant.
Oui, il est 9 heures du soir, un mardi, et tu te couches habituellement à 10h.
Oui, tu auras de la difficulté à dormir.
Fais juste dire merci et bois le troisième thé.

On va te proposer de revenir le lendemain.
Tu es en Inde.
Tu es ici pour découvrir la culture et t’immerser en son arborescence d’expressions.
Fais juste dire oui.
Pointe toi le jour suivant. Manges encore plus. Apprends quelques mots et absorbe les subtilitées culturelles. Partage ton humanité et une bonne dose d’humour.

Comme tu peux le deviner, il est maintenant 10 heures du soir, un mardi. Je viens de manger pour trois et bu tant de thé, je doute que le sommeil sera paisible cette nuit.

Demain, Karti me montrera comment porter la serviette de coton autour de la taille comme un vrai Tamil. Je m’excuse de ne pas savoir le nom de l’accoutrement en ce moment.
En général, je m’y prends comme suit: Je dit ‘’oui’’, j’ai une expérience et par la suite j’apprends le nom des choses.

Deux jours plus tard

On appelle cela un ‘’Longi’’. On m’a appris maint mots de Tamil et Malayalam.
Même quelques ‘’mauvais mots’’ en hindi.

J’ai tant rit ces derniers jours avec ma nouvelle famille adoptive Tamil que les coins de ma bouche font mal et mes yeux ont des rides. Ils savent comment passer un bon temps, c’est sûr!

Je suis allé pêcher pour la première fois depuis des lustres. Armé d’un bâton de bambou et de pâte de riz comme appât sur un lac si souillé que je n’ai pas osé y mettre mes pieds.

Je t’entends déjà me demander: Avez-vous attrapé des poissons?
Oui. Et, oui on les a mangés.
Je ne suis toujours pas tombé malade et si Dieu le veut, jamais je ne le serai.

Ainsi, une autre journée se termine sur cette glorieuse terre du Tamil Nadu.

Mon regard se tourne vers le nord.
On m’a parlé des danseuses et des musiciens du Rajasthan. Je veux les rencontrer.
M’y faire des ami-es et jouer ensemble. Je n’ai toujours pas étanché ma soif de musique.
Je continuerai à regarder à l’extérieur, enraciné à l’intérieur.

Banjo en mains et prêt à jouer!

Un Bobcat en recherche active.

N.17 La neige


Deux hommes adultes et une chèvre sur un scooter. Qui conduit?

Aujourd’hui marque mon premier mois en Inde. Je suis dorénavant un être mature au ventre emplis de riz et de dosas. Mes dents sont devenues sensibles dû à la quantité de sucre se retrouvant partout, dans tout, tout le temps.

Tant de gens m’ont averti du choc culturel. À quel point l’Inde est un pays de fous, de me préparer au pire. Une fois encore, une leçon vieille comme le monde fait son apparition.
N’écoute personne et va voir par toi-même. La seule chose qui m’a réellement surpris c’est la quantité de riz qu’un indien moyen est capable de manger en un seul repas.

Avant l’Inde, j’ai passé un mois et demi au Mexique. Il y a tellement de similitudes.
J’en fus surpris.

Remplace le fromage par le sucre.
Remplace les tortillas par les dosas
Remplace l’espagnol par un dialecte Indien qui m’est inconnu et voilà!
Même recette, différent continent.

Je dois mentionner. Les arts et la culture du Mexique possédaient une place plus prononcée. Du moins, de mon expérience minimale de 40 jours. Ici, en Inde du sud, je n’ai pas trouvé de musique ou d’art. Mis à part les décorations grandiose des temples, bien sûr.

Je continue de chercher mes compatriotes.
J’vous ferai signe quand je les trouverai.

Dans la catégorie ‘’nourriture et breuvages’’ de la vie, les deux possèdent d’innombrables shop de rue emplis de pâtes et farines sous diverses formes. Pour un maigre prix, tu manges comme un roi.

Dans l’importante catégorie café, le Mexique l’emporte avec une longueur d’avance considérablement non négligeable. Ce que je veux dire est que si les deux pays entraient en en compétition pour le meilleur café, l’Inde aurait manqué son réveil matin, oublié le rendez-vous de compétition et perdu lamentablement en s’enfargeant dans ses souliers.

Je sais, je n’arrête pas d’écrire à propos du café et tout. C’est parce que mon écriture est d’habitude 60% inspiration et 40% caféine.
Ça m’prends quelques minutes à m’habituer, vous m’excuserez pour l’inconvénient.

Retournons à nos moutons ou plutôt, à notre chèvre.
L’homme #1 était conducteur, l’homme #2 était à l’arrière et la chèvre dans le milieu.
La conduite à l’indienne est une science sophistiquée. C’est un grand art!

Il fait si chaud ces temps-ci de l’année, une nuit, lorsque j’écoutais un film, une scène s’est manifestée. La scène était ceci: un crépuscule froid, humide de mi-décembre. Une neige lourde tombant sur la ville.

J’en ai quasiment eu une érection intérieure.
Pour la neige.
Pour le froid.
Pour les routes glaciales qui font danser en tremblant.

Je suis réellement un homme du nord.

Considérez moi en train de fondre dans le Tamil Nadu.
Durant les plus chauds mois de l’année.

Bobcat présent pour l’aventure!

N.16 Café trou noir

Je l’ai finalement trouvé!
Le breuvage capable de réveiller les morts. Rencontré dans un shop de coin de rue à Padmanabhapuram. Enfin, une concoction digne d’un coup de pied au visage. Je ne connais pas le mélange exact mais il porte le nom de ‘’Ginger tea’’

Assez commun, non?
Oh combien j’étais dans l’erreur. C’est seulement un petit thé au gingembre inoffensif que j’me suis dit. Ça fera un bon digestif d’après souper. Cette nuit-là, je n’ai pu dormir.

J’en ai pris un autre le lendemain. À deux heures de l’après-midi. Ça me laisse amplement de temps pour le digérer et m’endormir paisiblement une fois la nuit tombée.
Dans l’erreur, encore!

Que dieu soit loué, enfin un vrai adversaire!

On m’avait dit, avant de venir en Inde, que le meilleur café au monde s’y trouvait.
Mes attentes étaient hautes. Elles ont toutes péri brutalement, brûlées par la dure réalité. Jusqu’à maintenant, je n’ai que rencontré du café instantané et divers mélanges 50-50 de café et chicoré. Décevant tout ça pour un caféinomane.

En anglais, je peux communiquer avec la majorité des gens et avoir une compréhension mutuelle. Par contre, pour une raison inconnue, lorsque je dis ‘’strong black coffee, no extra water, no milk, no sugar, please’’, cela semble passer comme dans du beurre et je reçois une abomination instantanée remplis de sucre blanc.

J’ai donc cessé de m’essayer.

Tu vois, je ne bois pas réellement du ‘’café’’. Je bois de l’huile à moteur. J’apprécie mon café si fort que les mouches environnantes meurent de crises cardiaques à l’odeur.

À bien y penser, il y a eu un moment où j’ai pu faire l’expérience de la satisfaction extatique du caféinomane. Après avoir visité un temple avec mon ami Javi, nous sommes allés au restaurant du coin. J’ai fais ma routine habituelle de clown québécois: ‘’strong black coffee, no extra water, no sugar, no milk, please’’

Le serveur est revenu en ricanant. Personne ne requiert ce genre de folie à l’habitude, j’en suis certain. Il me regarde avec de grands yeux et dit: ‘’strong black coffee, no extra water, no milk, no sugar’’ en déposant devant moi le fruit de mes désirs: de l’huile à moteur.

Un café si noir, le temps disparaît en sa présence.
Mon dieu, mais quel moment extraordinaire!

C’est les petites choses de la vie, mon ami.
C’est dans les petites choses que le grandiose se cache.

Pour Félix n.5


Ok mon Félix, check ça.

J’suis à Padmanabhapuram depuis un mois. Un p’tit village perdu dans le Tamil Nadu. L’attraction touristique du coin c’est le palace royal. Y’a pu de roi dedans depuis longtemps mais les touristes indiens y affluent par milliers.

Il doit y avoir des centaines de voyages organisés en autobus. Chaque voiture est différente.
Ça peut ressembler à un vieux fourgon scolaire tout comme un tour bus de rock star.

Ils sont drôles les bus. Ils sont remplis de logos pis de slogans semi cool avec des fautes d’orthographe du genre: ‘’Underfeated’’ ‘’Work hard be a Winer’’ ‘’King of kings’’ ‘’Where to road end, the fun begin’’. Avec pleins d’images de gars musclés un peu partout sur le bolide, c’est comme si des ti-gars de 12 ans se seraient fait un business touristique.

On devrait starter un business du genre toé pis moé. On pourrait apporter des touristes français à St-Hyacinthe chez Lucien pour leur montrer le plus grand feu de palettes au monde. Souper de lapin à la pabst inclue dans le prix.

Notre bus pourrait avoir comme slogan: ‘’Tu découvre le Québec, en tabarnak’’
M’semble ça serait une bonne évolution de Ride ton char d’in rangs, non?

Sur un autre sujet, t’imagines pas à quel point le monde y mange du riz par ici. Matin-midi-soir. Tous les jours.

J’me suis lié d’amitié avec une famille du coin. On a chillé en masse ces dernières semaines. À un moment donné, j’ai fait part que la quantité de riz était trop pour moi.
Par la suite, ils ont commencé à m’appeler ‘’Baby rice’’

Genre, jt’e niaise pas, un adulte, pour diner, mange au moins deux livres de riz à lui seul. Y’a un jour où Salitha, la femme qui cuisinne pour la famille me regarde et me dit: ‘’Today, no rice’’ (‘’aujourd’hui, pas de riz’’). J’étais ben content. Mais là, elle me sert un énorme plate de riz dans de l’eau salé avec un autre nom que ‘’white rice’’

Ça m’a surpris pis ça m’a fait rire.
Un peu comme le café d’ici qui est que de l’instant, y’a du riz dans le non-riz pis y’a pas de café dans l’café.

Les deux questions qu’on me pose le plus souvent c’est ‘’Tu viens d’où?’’ et ‘’t’es tu marié?’’
J’pense faut en venir à l’évidence, y’aura pas de fourrage d’une nuit pour Bobcat dans c’te coin-ci du monde. Le bobcat est un animal solitaire de toute façon.

Aujourd’hui, je viens de quitter mes ami-es de Padmanabhapuram. J’suis vraiment béni de les avoir rencontrés. Je fais partie de la famille dorénavant. De l’hospitalité ‘’de course’’.
J’ai appris pleins de mots de Tamil et ils m’ont même fait un lunch pour la route.
J’suis choyé fois mille, man.

Ok bro, on va finir c’te texte la en beauté avec le dévoilement du concours ‘
’What the fuck calice, esti de criss de bâtard de viarge, tabarnak’’.

3e place: Les moustiques. Icitte, ils sont voraces, silencieux et agressifs. Contrairement à nos moustiques québécois que tu ressens leur piqûre avant qu’il soit trop tard, ceux d’ici, tu sens rien sauf quand la job est faite. J’dirais que ça démange au moins trois fois plus que nos moustiques.

Y’a une soirée où j’étais allé au puits, à l’orée de la jungle, pour remplir des buckets d’eau.
J’me suis tellement fait attaqué que j’ai compris le désir d’extermination brutale et sans merci d’une autre espèce. A c’te moment là, si un bouton existait que tu pouvais tuer une espèce entière, je l’aurais enfoncé avec un lance flamme sans penser aux conséquences sur l’environnement.

2e place: Les mangues. Oui bro, les mangues!
Ok, check ça. En tant que blanc canadien, j’avais jamais ceuillis ça une mangue. Faque en gros, quand tu les enlèves de l’arbre, à la racine du fruit, y’a un jus blanc qui sort pis qui te gicle sur les mains. Tu te poses pa;s de question parce que t’es un blanc canadien ignorant tout de la flore Indienne. Laisse moi ben t’dire que c’te jus la, il cause des brûlures chimique sur la peau assez brutale. J’vais probablement en avoir des traces à vie pour le prouver.

1ère place: Le grand gagnant du concours, c’est le Mascouti.
Ok bro, celui-là c’est un autre niveau de souffrance. Le mascouti c’est une chenille poilue qui perd ses poils pour se protéger pis ça te rentre dans la peau. Je soupçonne qu’elle les perd juste pour faire chier.

Faque j’suis la, un après midi avec ma nouvelle famille Tamil lorsque la petite fille de 6 ans me regarde puis me demande de shaker son sari accroché à une branche d’arbre qui lui sert de balançoire. J’le fais aussitôt, j’me suis dit que d’enlever une coupe de fourmis pis de chenilles y’a rien la. Cinq minutes plus tard, après avoir shaké ça comme un bon, ça commence à piquer ma peau. La douleur augmente au point que j’ai l’impression qu’on m’a jeté de l’huile bouillante dessus. C’est le fucking enfer, man. Comme se faire râper la peau avec du vieux barbelé rouillé puis se rouler dans des tisons ardents en même temps.

Une chance que la famille savait c’était quoi et quoi faire avec la situation sinon j’aurais fini à l’hôpital. Morale de l’histoire: à l’avenir, éviter les chenilles.

N.15  »l’Inde, Reine du traffic »

Klonks, klanks, ratatata, tshiiiititi, vrooom whaaam et ribambelles de klaxons symphoniques. C’est le son du trafic à l’indienne.

En pleine place publique dans un petit village du Tamil Nadu à l’intersection principale du village, c’est ici que l’action se trouve. Un thé au gingembre en main, j’observe la beauté chaotique. C’est tellement chaud que je dois suer la tier de mon poids chaque jour.
Les gens me disent que ça ne va qu’augmenter jusqu’à la saison des pluies de juillet.

Je suis le seul touriste étranger à ce temps-ci de l’année. Il n’y a pas grand monde assez fou pour visiter durant ce climat brûlant et humide. Oublis les saunas, viens t’en dans le sud de l’Inde au mois de Mai. Tu vas en avoir pour ton argent.

Pas de remboursement.
Se faire semi-arnaquer par des chauffeurs de taxis inclus dans le prix.
Les vacances parfaites!

La première fois que j’ai vu le trafic à l’Indienne, j’en fus époustouflé. Ils changent de ligne à tout moment. Les bus te passent sur le côté à dix centimètres de requérir ta vie. Il n’y a pas de feu de circulation et les piétons s’y donnent à coeur joie eux aussi.

C’est un désastre magnifique.

Un jour, lorsque je profitais d’un jus de mangue dans la capitale du Kerala, directement en face de la circulation, une réalisation m’est soudainement apparue.

Malgré les milliers de chars, autobus, motos et camions passant devant moi, je ne ressentais aucun stress. Pas une seule miette.

À la maison à Montréal, j’évite le trafic à tout prix. Il y a une tension présente dont je n’aime pas m’approcher. Ici, à Thiruvananthapuram, cela ne me dérange pas du tout.

En m’interrogeant sur le sujet, j’en suis venu à une explication possible.

Contrairement au trafic canadien qui est empli de frustration, colère, désespoir et souffrance, le trafic Indien est tellement sauvage et gargantuesque, la seule manière d’y survivre, c’est de jouer. D’être joueur. L’approcher comme un jeu.
Sinon t’hésite et tu meurs.

C’est une hécatombe sans fin.
Tu dois trouver l’opportunité et sans aucune trace d’hésitation, la saisir.

Qui aurait pu croire que le trafic pouvait contenir une leçon de vie si profonde.
Lorsque tout est en mouvement, la victoire vient à ceux qui prennent action avec clarté et caractère décisif.

N.14. La rencontre d’Abdul le généreux


On s’est fait enseigner l’art de la générosité. Sorti de nul part, un ange nous est descendu et nous a offert ce qui ne peut être acheté.

Moi et Javi étions assis à l’ombre d’un kiosque de thé fermé à jouer de la musique pour cultiver notre enthousiasme et passer le temps lorsque soudainement, Abdul apparaît dans son accoutrement digne d’un nomade du désert.

Seuls ses yeux brillants étaient visibles.

Il nous écoute intensément pendant quelque temps puis disparaît.
De retour dix minutes plus tard avec du chai qu’il nous offre aussitôt.
Et ainsi débute notre amitié.

La langue anglaise étant limitée à quelques mots, on a communiqué avec le cœur. En fin de soirée, on s’est retrouvé chez lui en compagnie de sa famille entière.

Ils nous ont nourri abondamment. Nous avons joué de notre musique en retour.
Tant de gratitude émanait de ces gens que la musique a coulé tel un torrent montagnais printanier.

Au premier regard, on pourrait être tenté de catégoriser ces gens de ‘’pauvres’’.
En vérité, je n’ai que rarement rencontré une aussi grande richesse. Une maison humble emplie d’amour et de sourires devance toutes autres possessions matérielles.

‘’Dieux est généreux’’ répétait Abdul.
les yeux luisants et un sourire authentique.
Une main sur le cœur et l’autre vers le ciel.

‘’Ton bonheur est mon bonheur, mon frère’’ qu’il disait, en nous offrant une autre boisson chaude.

Une vraie leçon de gentillesse et d’accueil.
J’en fus profondément touché par l’aspect inconditionnel de la situation.
Ma perspective de ce qu’est la générosité est altérée pour toujours.

Une de ses filles est devenue lumineuse lorsqu’elle a vu mon banjo. Elle voulait absolument l’essayer. Une musicienne en devenir!

Javi et moi avons décidé d’acheter une guitare pour la famille. Qui sait, on va peut-être revenir dans quelques années pour y trouver des maîtres de la musique.
Si Dieu le veut!

C’est important, selon moi, d’apprendre à recevoir avec grâce et de donner sans conditions. Deux côtés de la même pièce.

L’impression que la pièce fût salis par notre environnement capitaliste m’habite. Tout est devenu marchandage. Je suis peut-être rêveur et naïf mais je suis persuadé que les plus grandes richesses ne peuvent pas être vendues ni achetées.
La vie ne peut se réduire à une transaction commerciale.

On arrive les mains vides et on repart les mains vides.
L’aventure qu’on fera l’expérience entre ces deux pôles est entièrement notre responsabilité.

Je doute me souvenir des dollars que j’aurai accumulé au long de ma vie.
Par contre, les sourires comme celui d’Abdul disant ‘’Dieu est généreux’’ en nous offrant du poisson fraîchement préparé, ça, sera toujours en mon coeur.

Si Dieu le veut, mon frère, notre amitié ne fait que commencer!

N.13 La barbe pousse, les aventures continuent

Lorsque Pedro,
mon coloc du moment m’a demandé si je voulais aller à l’église pour des ‘’pasas’’
j’ai dit oui!

Je n’avais aucune espèce d’idée de c’que ça voulait dire mais quand l’aventure appel,
je réponds!

J’ai pu vaguement comprendre que c’était en lien avec de la nourriture.
J’venais juste de souper mais peu importe.
Une opportunité d’apprendre se doit d’être saisie.

En fin de compte, des pasas, c’est des frites graisseuses. pleine de mayonnaise et de fromage douteux. Un délicieux désastre.

Il y a tant de joie qui provient d’accepter les imperfections.
Les tournants d’autoroute impromptus
Les changement de plan surprenant
Les moments semi-malaisant où 2 personnes ne parlant pas le même language tentent de se comprendre
Se bourrer de frites, le ventre plein, dans l’espoir d’apprendre un nouveau mot d’espagnol
L’effondrement grandiose d’une fantaisie irréel

Ou encore mieux, le best of the best, d’arriver à la fin du trajet pour te rendre compte que t’as manqué ton arrêt, te rendre compte que t’as absolument aucune idée de où t’es et de quoi faire pour la suite. Pas de wifi icitte, bro.

Saluons l’imparfait!

Comme j’ai pu le mentionner par le passé, c’est les choses simples qui font toute la différence dans une vie.

Une fois encore, on m’a accueilli comme un ami. On m’a offert de quoi manger, un lit et de l’inclusivité. Faire la vaisselle par la suite me semblait être le déroulement logique des choses.

La vie coule aisément lorsque l’acceptation, la chaleur humaine et une communication claire font équipe pour entretenir un environnement qui tend vers l’épanouissement et la liberté.

J’me suis beaucoup questionnée sur mes choix. Sur ce que je crois être possible et les endroits vers lesquels je gravite. Une chose que j’ai pris conscience hier:
Je ne reviendrai jamais.

L’aventure que j’entame changera à tout jamais qui je suis.

Le processus de transformation est déjà rapide et fluide.
Encore plus maintenant que je suis loin de mon environnement de Montréal

Personne ne me connais
Personne n’attends quoi que ce soit de moi
Je peux me réinventer à chaque instant sans causer de turbulences.

Une nouvelle ville. Faire de nouveaux ami-es.
Encore plus barbu qu’hier
Le même bon vieux langage espagnol dont je comprends 12%

Me v’là à San Agustin Etla,
L’aventure continue!

N.12 Du café, de l’art et des aspirations


J’suis arrivé à la ville de Oaxaca hier aux alentours de 4h pm.
J’ai trouvé mon hôtel et j’suis allé me promener.
J’ai aisément vu plus d’art durant ma marche de soirée qu’un mois complet à Montréal.

C’est une culture foisonnante par ici.
On me l’avait mentionné plusieurs fois déjà.
Célébré de par le monde pour sa gastronomie et son art

Mon amie Mexicaine m’a dit qu’à la racine, Oaxaca est issue d’une culture guerrière. Les habitants sont de fervents protestataires et n’ont pas peur de le faire savoir.
Je confirme, par le son d’une fanfare, venant du parc d’à côté, à 8h du matin.

Et bien voilà que la visite touristique d’un homme ignorant s’entame!

J’vais un peu plus loin à chaque fois en essayant de me souvenir du chemin.
Si j’sors mon cellulaire pour google maps, je perds.

C’est le jeu que j’ai décidé d’entreprendre.
Si je perds, j’dois un café au gagnant
Si je gagne, je mérite un café

C’est une aventure d’attention de spatialité géographique qui se termine souvent avec les dents qui grincent. Tsé, un espresso par ci, un autre par là, c’est pas long que ça dérape.

J’suis de bonne humeur aujourd’hui.
Allons donc dans un parc où il y a des passants en masse pour aller y jouer du banjo.
Un Bobcat va s’essayer de s’faire des nouveaux amis. Souhaite moi bonne chance!

Un après-midi plus tard…

Ok, bien que la ville est sans équivoque unique en son genre, ça m’rappelle toutes les autres destinations touristiques. La recette diffère mais la recette est la même.

J’ai envie de silence et d’espace.
J’suis à une époque de ma vie où je désir la profondeur de la tranquillité de m’engloutir dans ses bras.

J’ai envie de faire un feu sous les étoiles
J’aspire à jouer de l’harmonica en forêt
J’veux être en présence de rivières et montagnes

Tu peux garder ton resto fancy pis tes partys extatiques
Ma prendre une coupe de bananes, des noix, mon banjo et me diriger vers les vallées;
là où le ciel et la terre font l’amour régulièrement

J’aspire à être en rythme avec la nature
Pas avec le tempo citadin
Je l’ai suivie trop longtemps déjà

Mais tsé, c’est mon point de vue personnel de l’instant.
Si t’apprécie l’art et la gastronomie de ‘’course’’, tu dois venir faire un tour à Oaxaca city.
Tu vas pas le regretter.

De mon bord, tu pourras m’trouver dans l’désert à regarder les galaxies au pied d’un feu de brindilles et d’herbes sèches

À chacun son aventure!

PS: Plus tard cette nuit-là, au hasard de mon errance, j’suis tombé sur un concert d’un musicien au nom d’Hector Diaz. Un guitariste sans pareil. J’étais collé à ma chaise pendant 3 heures avec la gueule à terre. Si il y a bien une chose que les grandes villes ont en commun: y’a du musicien exceptionnel au pied carré.

Faut ben y donner ça
Faut ben y donner ça