N.15  »l’Inde, Reine du traffic »

Klonks, klanks, ratatata, tshiiiititi, vrooom whaaam et ribambelles de klaxons symphoniques. C’est le son du trafic à l’indienne.

En pleine place publique dans un petit village du Tamil Nadu à l’intersection principale du village, c’est ici que l’action se trouve. Un thé au gingembre en main, j’observe la beauté chaotique. C’est tellement chaud que je dois suer la tier de mon poids chaque jour.
Les gens me disent que ça ne va qu’augmenter jusqu’à la saison des pluies de juillet.

Je suis le seul touriste étranger à ce temps-ci de l’année. Il n’y a pas grand monde assez fou pour visiter durant ce climat brûlant et humide. Oublis les saunas, viens t’en dans le sud de l’Inde au mois de Mai. Tu vas en avoir pour ton argent.

Pas de remboursement.
Se faire semi-arnaquer par des chauffeurs de taxis inclus dans le prix.
Les vacances parfaites!

La première fois que j’ai vu le trafic à l’Indienne, j’en fus époustouflé. Ils changent de ligne à tout moment. Les bus te passent sur le côté à dix centimètres de requérir ta vie. Il n’y a pas de feu de circulation et les piétons s’y donnent à coeur joie eux aussi.

C’est un désastre magnifique.

Un jour, lorsque je profitais d’un jus de mangue dans la capitale du Kerala, directement en face de la circulation, une réalisation m’est soudainement apparue.

Malgré les milliers de chars, autobus, motos et camions passant devant moi, je ne ressentais aucun stress. Pas une seule miette.

À la maison à Montréal, j’évite le trafic à tout prix. Il y a une tension présente dont je n’aime pas m’approcher. Ici, à Thiruvananthapuram, cela ne me dérange pas du tout.

En m’interrogeant sur le sujet, j’en suis venu à une explication possible.

Contrairement au trafic canadien qui est empli de frustration, colère, désespoir et souffrance, le trafic Indien est tellement sauvage et gargantuesque, la seule manière d’y survivre, c’est de jouer. D’être joueur. L’approcher comme un jeu.
Sinon t’hésite et tu meurs.

C’est une hécatombe sans fin.
Tu dois trouver l’opportunité et sans aucune trace d’hésitation, la saisir.

Qui aurait pu croire que le trafic pouvait contenir une leçon de vie si profonde.
Lorsque tout est en mouvement, la victoire vient à ceux qui prennent action avec clarté et caractère décisif.

Une réponse sur “N.15  »l’Inde, Reine du traffic »”

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *