N.32 La Danse, les Tables et le Leadership

Un de ces dimanches, moi et quelques ami-es allons aider notre copain Phantom pour son événement de danse, le Tribes War 5.

On y fait le montage, démontage, captation vidéo et photographie.
C’est moi le photographe.

La danse offre un nouveau défi que j’apprécie. Le mouvement dynamique me pousse dans l’instant présent pour y capturer le ‘’perfect shot’’.

L’événement commence avec la catégorie enfant.
La plupart sont des élèves de danse de Phantom.

L’ambiance est familiale et sans jugement.
Les enfants se découvrent devant public et font preuve de courage pour ce qui est, pour la plupart d’entre eux, leur première danse battle.

La musique joue à fond et Phantom anime.
Une petite fille s’élance sur le parquet, elle se tortille et exécute des moves de brukup.

Au micro, Phantom dit:
‘’Yeah! let’s go! C’est ton corps. C’est ta musique’’

Le moment m’est resté gravé en mémoire.
Une phrase si simple.
Un exemple de leadership positif qui redonne le pouvoir aux enfants.
Ça m’a touché.

C’est le genre d’action dont notre monde a besoin. Il en est assoiffé.
On veut tous être libres.
On veut toutes être vues et acceptées
On veut tous s’épanouir dans un environnement sain et accueillant.

La plupart d’entre nous ne l’avons pas eu en grandissant, ce monde-là.

Par contre, on peut l’offrir aux autres qui suivront la danse.
C’est un choix que l’on peut faire.

Peut-être que dans l’fonds, la vraie richesse est celle que l’on donne librement.
Une sorte d’énergie que l’on ne peut accumuler mais qui foisonne plus on la donne à autrui.

C’est cette abondance là qui m’intéresse réellement.

L’impact que l’on a sur notre environnement est surprenant.
Aucun d’entre nous n’est une île déserte au milieu de la mer.
Nous sommes interconnectés l’une à l’autre que l’on ne le sache ou pas.

J’en suis à un point dans ma vie où je décide de nourrir ce qui m’entoure avec de la joie, de l’acceptation, de la compassion et de l’amour.

En termes de richesse partageable, j’ai l’honneur et la gratitude de me considérer comme un homme riche.

Tout cela me rappelle une histoire qu’un bon ami m’a raconté, un jour, après une gig.
Elle va comme suit:

‘’J’étais aux États-Unis pour le skate et l’un de mes bros était un DJ connu dans la région.
Il donnait des cours de DJ aux jeunes du coin.

Un soir, au club, l’endroit était rempli et mon ami était le headliner.

Pendant son DJ set, il donne momentanément les reines à son élève pour qu’il y fasse quelques beats et qu’il prenne de l’expérience. Il vient nous rejoindre sur le côté du stage en attendant.

On chill et un gars lui demande ‘’ t’as pas peur qu’il vole ton crowd? Tout l’monde dans la salle est venu pour toi, tu devrais en profiter, non?’’

Mon ami headliner lui réponds:
‘’Il y a assez de nourriture pour tout l’monde sur la table’’

Parfois, les phrases les plus simples sont celles qui ont le plus d’impact.

‘’Il y a assez de nourriture pour tout l’monde sur de la table’’
‘’C’est ton corps, c’est ta musique’’

Merci du leadership positif les amis!
Je ferai de mon mieu pour redonner de votre richesse
AHO!

N.31 Dans la Bouche de Vivre

Il y’en a, qu’après une longue journée, ils s’en retournent chez eux devant la télé.
Nous, on va dans une chapelle y faire un rituel de danse et musique contemporaine.
À chacun sa vie.

Je complémente les voltiges de bras de Mathie par mon jeu de guitare atonale.
C’est une question de dynamique, de ton et de rythme. Les notes c’est pas si important.

Rafa claque les prie dieu par terre avec ferveur, je traîne une chaise par terre pour son grincement de qualité et Alex balance du noise. Christian crie dans son snare.
Le rythme est optionnel.

Les danseuses s’échangent l’espace et les histoires temporaires exprimées sans mots.
Les chorégraphies scriptées sont non-existantes.

C’est la liberté.

Sans jugements ou d’arrières pensées, l’on s’éclate à s’inspirer les uns des autres.
Pour l’instant de cette soirée, il n’y a aucune limite créative.

C’est une célébration de notre liberté fondamentale.
Le temps disparaît dans un torrentiel sonore et corporel.

À la première édition, j’y suis photographe. L’endroit parfait pour expérimenter et me laisser porter par l’inspiration du moment.

À la deuxième, je suis debouts sur l’un des bancs de messe. Guitare en main, je m’inspire de mouvements impromptu qui se déroulent dans mon champ de vision.

Une pensée me traverse. ‘’Il me semble que je ferais ça de ma vie, ça me rend heureux.’’
C’est tellement le genre de chose que j’adore faire, je ne pourrais faire ça ailleurs qu’ici à Montréal, ville d’artistes.
Eh bien! C’est exactement ça que je fais avec des gens que j’aime.
La vie est bien faite!


Bon endroit, bon moment, bonne équipe.

Le tout dans une chapelle devenue centre où divers organismes sociaux, artistiques et culturels y ont élu domicile.

Il y a de ces richesses qui ne sont pas tangibles.
Ce n’est pas avec de l’art expérimental que je pourrai m’acheter une maison en bord de mer mais cela remplit mon cœur d’une joie qui rend tout le reste obsolète, pour l’instant.

Ah que c’est bon d’être en vie!

L’autre jour, durant une quête littéraire à la bibliothèque nationale, je tombe par hasard sur un stand de ce nom: ‘’Parlez à un vieux pour 25 cents’’

Un vieux bonhomme aux cheveux grisonnants y est assis.
Nos regards se croisent.

‘’C’est quoi ça? que j’demande

‘’Et bien, assieds toi et j’te dirai’’ qu’il me réponds

Il me demande de lui poser n’importe quelle question.

‘’C’est quoi ton nom?’’
‘’Hervey, et toi?’’
‘’Simon’’

On discute de tout et de rien puis je lui demande qui il est, de quoi s’est nourrit son existence, en terme général. Hervey à 77 ans, il a 3 enfants et s’entraîne régulièrement.
Il est marié depuis 48 ans.

48 ans…

Et moi qui n’ai jamais eu une relation intime de plus de 9 mois. Ma curiosité me poussa à lui demander: ‘’Qu’est-ce que ça prends pour garder une relation intime saine pendant 48 ans?’’

‘’Il faut avoir 3 vies. La mienne, la sienne et la nôtre’’

Il m’explique qu’il doit y avoir assez de similitudes et de différences pour que la relation reste pétillante au travers des années.

Lui, adore le sport depuis son jeune âge, elle vient de commencer le gym, à 77 ans.

Lui, aime le social
Elle, préfère les livres.

Les deux sont passionnés de cuisine.
Les deux étaient parents à leur première rencontre.

Il ne faut pas avoir peur d’essayer de se tromper et d’apprendre, qu’il me dit.
Ça garde en forme et bienheureux que d’être en constant apprentissage.

Suite à notre discussion, je mets un dollar dans le pot de 25 cennes et je dit:
‘’Tiens, je paye pour le prochain’’

‘’Ça s’est une des plus belles choses à faire. La vie est faite telle que lorsque l’on rend service, ou que l’on donne sans conditions, il est inévitable que l’on reçoive le balan d’une manière ou d’une autre.
Ça ne vient pas toujours d’ où on pense. J’ai fait ça toute ma vie, payer pour mon prochain et rendre service sans compter et ma vie fût d’une beauté et d’une richesse inestimable.

‘’Merci Hervey, j’avais besoin d’entendre ça aujourd’hui’’

Je me lève de mon siège.
Je lui sers la main et continue mon chemin avec le sourire au cœur.

N.30 Un autre au-revoir

J’le sent. La vieille carcasse de qui j’étais.
Subtil, mais on ne peut se tromper.
Une sorte de vapeur persistante s’enivre de ma présence.
Je la laisse passer.

Les fantômes de mémoires anciennes, des manières obsolètes, à l’extérieur fixées vers l’intérieur, viennent cogner à une fenêtre.

J’entends frapper.

Elles veulent entrer.
Mais l’hiver est déjà à nos portes. Aucune fenêtre ne sera ouverte aujourd’hui.

La semaine dernière, je me suis retrouvé à courir sans arrêt dans l’espoir de faire les choses ‘’se passer’’. À manier des cordes vastes et différées pour y tisser un grand tapis magnifique. Tout comme dans l’temps, tout comme la vie que j’ai quittée il y a un peu moins d’un an de cela.

Je me remémore mes aventures au Kerala.
Sur le toit d’où je suis mort.
Je caresse le souvenir de quand tout s’est arrêté.

La voix venant de nul part partout qui me dit: ‘’t’en a pas assez de toutes ces histoires?’’

Des légendes personnelles de qui, de quoi et de pourquoi l’ont est, ont tendance à s’éterniser. Elles ne rôdent jamais très loin.

À l’affût pour une ouverture opportune.
Un chemin pour revenir à mes côtés.
Un cadeau inestimable pour l’exercice de notre liberté de choisir.

J’ai un scoop à annoncer; j’en ai assez de toutes ces histoires.
Je choisis d’entamer la nouvelle route sans eux.
Le vide me convient comme un gant de laine en novembre.

Et bien voilà!
Je me retrouve au Verre Bouteille pour une soirée ‘’carte blanche’’ musicale. JeanFlex au piano, Salomé au violon et Charles Viguerie aux traitements sonores.

Il y a maintes histoires à raconter sur le sujet de la grande musique, l’éclairage de classe et d’une machine à fumée. C’est la matière première des rêves!

Une fraîcheur caractérise les mélodies. Le ton est chaud. Le rythme est lent et intentionnel.

Ce soir, c’est un dernier au-revoir pour JeanFlex qui retourne en France dès demain.
Une dernière gig pour la route!

Je ne peux m’empêcher de nager dans l’atmosphère d’un jazz brumeux haut en sensibilitées. Ça me rappelle le cycle des aux-revoirs laissent place aux nouvelles rencontres ainsi que de la renaissance quotidienne de la vie de tous les jours.

Aussi étrange que cela puisse sonner sur papier, l’authenticité de ce petit instant de l’espace temps est si forte que j’en ai l’impression de pouvoir l’accueillir dans la paume de mes mains.

Se tenant bien droit devant un précipice, l’encre est désireuse de rouler sur la bille du stylo et de se répandre sur la page blanche de l’existence.

Mais il y a une attente.
Ce soir, j’ai l’honneur d’habiter cet endroit d’entre les mondes.

Un ami s’en va, un autre ouvre la porte.

À rester perché sur mon stool de bar à peindre des mots de ce qui est, pourrait être et de ce qui peut-être jamais ne sera, je me remémore de porter meilleure attention à tous les cadeaux qui sont déjà présent et de poursuivre un peu moins ce qui est tout juste hors de portée.

La tapisserie de la vie est si grandiose.

Avec grâce et humilité, je me souviens encore une fois que l’aventure la plus légendaire est celle de l’instant présent foisonnant de gratitude d’être, simplement.

Au revoir mon ami! Que la route soit légatrice de joies et d’aventures excitantes!

N.29 Montréal la nuit

C’est la saison froide qui s’entame.
Le crépuscule est à 16h.

C’est le temps de l’année parfait pour les vampires et les amateurs de night life qui travaillent le lendemain: la nuit est à 18h.
Par contre, le show commence à 9h. C’est juste dommage pour ton sommeil.


Le son unique du Bonze trio donne les jiggers comme un trop plein de café.
D’un flu créatif incommensurable, le band mélange le jazz, drum n’ bass, funk, musique moderne et le rock coulant.

Un trio qui, comme on dit dans la langue de ma bouche, ‘’tire en tabarnak’’.
Essayer de compter à s’en arracher les cheveux, les signatures de temps s’enfilent et je ne peux rien faire d’autre que de m’abandonner à la sauvagerie sonore de haute voltige.

Montréal la nuit, c’est un monde où tout est possible.
Si le band est bon, tu voyages d’en travers l’univers pour 20 piasses.

Le Bonze trio, c’est non seulement des musiciens universitaires sans pareil qui s’lancent la balle musicale l’un à l’autre mais aussi de grands amis. Ça se sait aux jokes qui meublent avec brio les crevasses d’entre tounes.

Lorsque l’hiver bât son plein, il faut braver le froid, la slosh et la fatigue saisonnière pour se rendre à la salle de spectacle. Tu hésites à rester chez toi mais une fois placé, tu ne le regrettes pas.

La vie, c’est court et je compte bien récolter les fruits de ma culture Montréalaise artistique.
Sans nos artistes, la night life montréalaise se résume à ‘’meh’’. Sans le public avec lequel partager leurs passions, aussi bien rester dans son jam space à jammer entre ami-es.


N’oubliez pas d’aller encourager et de profiter de ce qui se trame d’entre les murs de nos salles de spectacles après que le soleil ait tiré sa révérence.

Si tu hésites à sortir, fais comme nos artistes en hiver: tu dormiras en février.
Sauf si t’es à l’université; là tu dors jamais mais ça, c’est une autre histoire.

Veuillez m’excuser un instant, je dois délaisser le crayon en échange d’une danse enivrante et nerveuse aux sons du drum n’ bass qui se trame derrière moi.

Je reviens, attendez moi!

Et bien c’qui devait se passer arriva.
À force de danser, on oublie d’écrire.
Qu’est-ce qu’on fait dans ces cas-là?
On retourne danser le lendemain.

D’un univers à un autre, je me retrouve dans une transe africaine avec le dj Afrofoly et de Gotta Lago aux percussions.

Au conservatoire de musique de Montréal, j’me retrouve à une soirée de danse extatique. Appareil photo et crayon sont mes laissez- passer de la ville culturelle de nuit montréalaise.

Entre deux mouvements de danse bien rigides, je dégaine mon appareil et capture le feu de l’action. Ce soir, je suis le cowboy de la photo!

Du balafon aux chants africain en passant par le beat solidement moderne,
c’est un mélange des âges qui s’opère.

De jadis à aujourd’hui, c’est en compagnie de la danse que l’on retrouve la musique.
Elle est la parfaite ambassadrice de la transe.

C’est plus facile de partir loin lorsqu’un rythme nous tient bien enraciné.
C’est comme un arbre. Plus il est grand vers le ciel, plus il se répand dans le sol.

Plus la musique est bonne
Plus la danse s’enflamme.

Bon, et bien voilà. Vous devrez m’excuser, je dois encore une fois délaisser le crayon et vous laisser vaquer à vos occupations. Parfois,suite à une session de danse un samedi soir rendu 23h, le meilleur show en ville c’est d’aller dormir chez soi.

Ciao amigos!

N.28 De perplexités, d’ignorance et de bonheur

Ainsi, en tant qu’auteur de ma propre histoire, une page blanche s’offre à moi avec une attitude joueuse.. Une énergie palpable flotte dans l’air. Mes voyages outre-mer sont terminés pour l’instant mais l’appel de l’aventure résonne profondément en moi.

Avec une certaine naïveté, j’avais imaginé le voyage comme étant une expérience grandiose et transformatrice, un feu d’artifice d’émotions et de moments époustouflants.
Pour finalement découvrir que ce genre d’histoires n’était qu’une épice.
Une pincée par-ci par-là, ni plus ni moins.

Ce qui m’a vraiment surpris, c’est la vie quotidienne, ordinaire et sans éclat, qui semblait battre son plein partout où j’allais.

Le quotidien des gens locaux n’était pas si différent de mon voyage de jour en jour.
Étrangement, avant de voyager, j’étais ailleurs à rêver, mais une fois sur place, je me suis retrouvé au seul endroit qu’il y aura toujours: ici et maintenant.

On pourrait dire que c’est venu de l’intérieur ou que ça m’a frappé de plein fouet :

l’indéniabilité de la vérité. Peu importe où je m’égare, je suis ici, maintenant.
On pourrait avancer que mon voyage s’est arrêté là.
Ou qu’il n’a fait que commencer.

Au fond, c’est la même chose.

Je trouve le langage inadéquat lorsqu’il s’agit de partager ce qui constitue l’essence même de la vie. Une analyse intellectuelle est loin d’être suffisante et la sagesse du cœur ne peut s’exprimer que par l’imagerie ou par une simplicité pleine de sens.

Auparavant, j’appréciais beaucoup l’approche zen.
Des histoires simples, un sens profond.

« Le café noir est chaud. La tasse est blanche. »

Ces phrases n’ont aucun sens si l’on essaye de les comprendre.
Elles n’ont aucun sens.
La compréhension intellectuelle est surestimée.

La vie est tellement vaste, interconnectée, synchronisée et riche qu’elle ne peut en aucun cas être enfermée dans une boîte. Pardonnez mon langage, mais au diable les boîtes. Jetez ces vieilles conneries à la poubelle et embrassez l’infini de la vie.

J’ai consacré ma vie à la musique et, si nécessaire, je peux expliquer en détail pourquoi je le fais. Mais cela n’est venu qu’en réponse à l’ennuyeuse et vieille question tenace : « Quel est ton vrai métier ? »

J’ai appris à réagir avec compassion face à une personne déconcertée par le fait que quelqu’un puisse consacrer sa vie à autre chose qu’à l’argent.
L’ignorance doit être traitée avec soin et beaucoup de tact. Nous pouvons soit l’aider à s’épanouir en sagesse, soit la laisser devenir virulente. Là où elle peut nous mordre de manière assez agressive.

L’ignorance est comme un animal blessé, effrayé et stressé qui cherche à survivre.
La compassion l’emporte sur toutes les autres voies.

Tout cela pour dire qu’en vérité, la musique est un tel mystère pour moi que je n’y comprends absolument rien. À ce stade de mon parcours, la musique et la vie ne font qu’un.
Et bon sang que cette rivière est profonde et large !

Bon, je vais arrêter mes divagations pour l’instant.
Je suis sûr que vous avez des endroits où aller.

Bobcat « L’ignorant » drop le mic et quitte le stage.

N.27 Ballade Culturelle

Dans la grandiose cité de Montréal, le sommeil est optionnel.
Me voilà de retour depuis quelques jours seulement et c’est plus que temps d’aller prendre une bonne marche culturelle.

Le rythme de Montréal est ‘’trop vite et sans arrêt’’
Si tu y viens, plonge en son fleuve et apprend à nager ses courants puissants.

La culture d’ici est vaste, diverse et en constante réinvention. Il y a constamment quelque chose qui se passe et si tu n’es pas vacciné, tu risques d’attraper le ‘’fomo’’ facilement.
Par dessus tout, embrasse ce que tu peux et oublis le reste.

J’adore la saison froide d’ici. C’est le temps de l’année où j’ai le plus de gig et que les sorties abondent pour y rencontrer de vieux et nouveaux ami-es.

En cette fin d’Octobre, le premier arrêt est au vernissage de mon ami Jocelyn Renouf à la galerie 1040 sur la rue Marie-Anne.

Il y présente une série de portraits à l’huile. De ce qu’il m’en dit, il utilise le style ‘’Alla Prima’’, ce qui signifie que l’œuvre est terminée en une seule session. L’huile demeure fraîche et la peinture s’étend comme du beurre fondant. Cela rend l’odyssée artistique profondément satisfaisante. C’est dans les petites choses de la vie que le bonheur tient sa tanière.

En me promenant d’une œuvre à l’autre, à y absorber la haute qualité d’artisanat, la créativité foisonnante et la passion en mon cœur pour une utilisation ultérieure, l’une d’elle retient mon attention plus que les autres.

Nadya me regarde jusqu’au tréfonds de mon être. Je ne peux m’empêcher d’être habité par la sensation qu’elle est sur le bord de bouger et de se présenter à moi.

Elle s’exclame avec douce fierté: ‘’J’existe! Et toi?’’

‘’Oui Nadya, j’existe aussi. Merci de me voir.’’


Suite à un peu de bavardage, l’horloge me rappelle que c’est déjà le temps de me diriger vers le plat principal de la soirée: un concert de musique au bon vieux Quai des Brumes.

La salle célèbre son 40e anniversaire ce mois-ci. C’est l’un de mes endroits préférés en ville. La musique est de qualité, le staff est sympathique et j’y rencontre une ribambelle rodant au bar à la tombée du crépuscule.

Ce soir, c’est le lancement d’album ‘’Onomatopée’’ de Dominique Poirier.
Il déchire à l’accordéon comme nul autre. Le tout accompagné par une section rythmique de jazz et du quatuor à cordes ‘’Bazar’’.

La créativité est tangible et cela étanche ma soif viscérale de musique live dite ‘’de course’’.

Je vais te partager mon secret. Pour plusieurs d’entre nous, aller voir des concerts est une activité régulière. La seule façon pour moi de pouvoir faire cela, c’est par l’échange.
Je prends des photos et je rentre gratuitement.

J’ai donc l’honneur de m’ancrer dans le pivot d’un des meilleurs endroits au monde: à un concert tout en rendant un service.

D’une balade rappelant les vieilles chansons françaises, au classique moderne jusqu’ au jazz libéré, l’orchestre passe d’un univers à un autre tout en jonglant avec brio d’une transition à un autre.

Le talent est au rendez-vous, les vagues m’emportent en transe photographique.
Étant moi-même musicien, je peux anticiper là où je pourrai capturer ce que l’on nomme, en anglais, un ‘’stank face’’. Là où la musique est si bonne que les muscles du visage se contractent tel un steak recevant un trop haut influ d’électricité.

Dominique est l’un de mes musiciens favoris à Montréal.
Doté d’une versatilité sans pareil et d’une passion contagieuse, c’est toujours un grand plaisir de l’entendre jouer et de partager un jam à l’occasion.

Il est le premier que j’ai entendu mettre des effets tel que le wahwah sur un accordéon,
Il fallait bien que quelqu’un y pense!

D’une chanson en solo, au quatuor de jazz suintant la férocité de la recherche de la prochaine note jusqu’au quatuor Bazar, l’orchestre se meut d’une forme à une autre nous laissant sur le bout des orteils ne sachant pas quel sera la prochaine itération du groupe.

Puis vient un temps où j’arrête la photographie. J’ai assez de photos pour l’instant.
Je me laisse emporter par le maelstrom musical qui m’enivre vers une autre saison froide à Montréal. C’est tout qu’un plaisir de revenir au pan de l’hiver et de plonger dans un spectacle incomparable.

Bobcat est de retour, restez à l’affût pour d’autres aventures métropolitaines!

Vous pouvez voir les oeuvre de Jocelyn Renouf sur on Insta: https://www.instagram.com/jocelynrenouf/

Voici le lien pour l’album  »Onomatopée » de Dominique Poirier: https://dominiquepoirier.bandcamp.com/album/onomatop-e

N.26 L’amitié

Il y a peu de choses comparables à l’amitié. À la suite d’un long voyage, revenir à un endroit où les bras ouverts abondent et le courant de vie est généreux est une vraie bénédiction.

J’suis de retour à Montréal et on me demande à quel point est-ce difficile de revenir à ‘’la réalité’’. Cher ami-e, as-tu déjà enfilé un gant chaud sur tes mains froides un matin d’hiver?
Exactement comme cela.

J’ai arrêté de me construire des histoires dans ma tête. là où je suis, j’y suis.
Il n’y a pas de tension. C’est si simple.

Plusieurs d’entre nous on oublié que peu importe où l’on se retrouve, le seul endroit c’est ‘’maintenant’’. C’est ici que le party est et sera toujours. Le sentiment quasi indescriptible de n’être réellement partie m’habite. J’ai voyagé un peu partout seulement pour me retrouver en plusieurs ‘’maintenant’’

‘’Maintenant’’ ici ou ‘’maintenant’’ là-bas sont les mêmes. Comme d’être dans une bulle intemporelle, la spatialité n’est qu’un concept auquel on s’accroche par espoir de faire sens de l’expérience inexplicable que l’on nomme ‘’réalité’’

Vous m’excuserez de mon divaguâge de mots. Ne construisons pas trop d’histoires à propos de la liberté et de l’art de vivre. Il y a infiniment plus à apprendre à cuire du pain au levé du soleil que quelques mots sur une page.
Comme le dit l’expression, retournons à nos moutons: l’amitié.

Selon moi, c’est l’une des plus précieuses richesses qu’un humain peut se faire offrir.

J’ai souvent entendu dire qu’il est ardu de se trouver un vrai ami. Je n’ai jamais réellement compris ce concept. C’est comme si un fermier ne plantait qu’une maigre quantité de graines à un nombre limité de trous car il a peur que tous les autres endroits ne portent pas fruit. Naïvement, croyant récolter un jardin vaste qui englobe le champ tout entier rendu à l’automne.

En ce qui me concerne, je ne suis pas un fermier hésitant.

J’ai lancé des semences d’amitié dans les air, donné des sacs entiers d’affinité au premier regard et considéré les gens comme étant des ami-es de longue date dès le début.

La vie est trop courte pour économiser l’amour. Le jour que la faucheuse viendra cogner à notre porte, prête à nous emporter dans son taxi, peut-être regretterons nous d’avoir partager si peu.

N’as-tu pas envie de revenir chez toi pour y trouver un jardin grandiose abondant de fruits?
Ou encore mieux, n’as-tu pas le désir que les générations futures grandissent en un environnement empli de grâce?

Moi, oui.

N.25 L’énigme du retour

Et bien voilà! La conclusion d’un grand voyage s’actualise dans une atmosphère de temporalité fluctuante. Comme si je n’étais jamais parti, je me retrouve aux mêmes endroits en n’étant plus le même. Un regard neuf et une optionalité de choix libéré de tous concepts anciens m’accompagnent.

Je redécouvre le quotidien d’ici.

La même goutte d’eau du robinet de mon ancien appartement, les innombrables travaux de rues et les mêmes passants aux regards fuyant à la vue de mon grand sourire.

Je ne sais plus trop ce que j’ai fait pour cela, mais je reviens à Montréal dans un océan d’amour. L’on m’accueil tel un grand invité et l’on me séduit à me remettre à la vie culturelle d’ici.

Les amitiés qui foisonnent en ma vie sont la plus grande des richesses qu’un homme peut recevoir. J’en suis réellement touché.

Je reviens en ville pour y retrouver un vaste jardin d’abondance. Je n’ai plus souvenir d’y avoir planté autant de fleurs, peut-être se sont elles semées par elle même?

Il est particulier de se promener dans les rues d’une Montréal d’automne pour y plonger en son atmosphère. Je joue au jeu de sourire, saluer et regarder dans les yeux.

Les passants semblent fatigués et malaisés du sourire d’un étranger comme moi.
J’ai espoir de trouver réciprocité de joie dans les prochains jours.

Je me retrouve donc en ma ville, dans ma culture québécoise à danser le tango avec le mystère de ce qui se présentera à moi en tant que nouvelle vie. J’ai tant d’ami-es à revoir qu’il m’en prendra plus d’un mois pour y arriver.

Mon voyage m’a apporté cet aspect que dorénavant, je choisis la joie en mon cœur peu importe ce qui se présente à l’extérieur de moi.

Nous avons cette liberté de choisir notre œuvre interne et d’accorder ou non un sens aux événements de nos vies. L’expérience humaine est une argile malléable que l’on peut modeler selon nos actions.

Avec cette liberté qui m’habite, j’écris sur le balcon à la chaleur du soleil matinal.
Me voilà de retour dans le quotidien d’ici.
Je prends un grande inspiration et puis j’me dit:

‘’Ah qu’il fait bon vivre!’’

N.24 Arriver comme un mendiant, partir comme un Roi


Ça me semble irréel.
De mon expérience, j’suis parti tout au plus il y a 5 semaines de cela.
7 mois se sont écoulés déjà.

Aujourd’hui est le jour de mon départ de l’Inde. Je retourne à la maison pour la saison d’automne. Un enthousiasme nouveau et une gratitude profonde m’accompagnent.

Hier soir, je me suis mis à rire jusqu’à m’en époumoner. D’une certaine manière, rien de tout ça ne fait de sens. Comme si je venais de me réveiller d’un rêve, je m’interroge sur ce qui vient de se passer.

Un claquement de doigt et puis voilà que 7 mois se sont envolés sans laisser de traces.

Il me semble que l’autre jour, je montais sur la scène du Quai des Brumes à Montréal pour y jouer du Funk de manière déchaînée entre ami-es.

L’autre jour, j’avais 20 ans et sautais d’un jam session à un autre comme un addicte cherchant son fix.

L’autre jour, je jouais en forêt en compagnie de mes amis d’enfance.

Hier encore, j’avais 8 ans avec un esprit empli de rêve et le cœur naïf d’un enfant.

Aussi étrange que ça puisse paraître, j’ai de la misère à me souvenir comment je me suis rendu jusqu’ici. Tout s’est passé si vite.

Ma criss de vie s’est envolée en un clin d’œil. Dans un instant, j’aurai 50 ans. Celui d’après, 80 aux cheveux gris. Puis, ensuite, je serai parti. L’aventure sera terminée ce qui fût ‘’moi’’ ne sera que poussière dans un cosmos infini.

Lorsque j’étais à Pachaloor, dans le Kerala, un événement que je ne peux bien expliquer s’est manifesté. Étant assis sur le toit, emplis de pensées diverses, une voix s’est exprimé d’entre le chaos: ‘’T’es pas tanné de toutes ces histoires là sans importance?’’

Je n’ai pas pu m’empêcher de devenir silencieux. Toute la merde visitant mon esprit n’a aucune pertinence lorsqu’il vient le temps de vivre la vie. Mes histoires se sont envolées et j’me suis retrouvé dans un doux vide.

Depuis ce moment-là, les heures sont devenues secondes, les jours sont devenus des heures et 3 mois se sont évaporés soudainement.

En étant ici, dans un hôtel à attendre mon avion, je ne peux m’empêcher de retourner à cet espace de ‘’mais qu’est-ce qui s’est passé?’’

Comment est-ce que le temps peut être aussi glissant?

Le voyage m’eut causé la mort. Je me suis enterré en Inde. Le vieux Simon n’est plus et je me retrouve, paradoxalement, profondément confus et imbus d’une clarté sans pareil.

Tout ça me semble trop difficile à expliquer. Les mots ne pouvant que pointer en direction, je me retrouve dans une clairière sans chemin.

Cette aventure fût une forte dose d’humilité et de surprises. Je croyais naïvement que j’allais aider les gens mais je suis celui à qui l’on a tout donné sans rien demander en retour.

Je me suis fais des ami-es pour la vie parmi les locaux et sacrament que ce fût une belle odyssée!

Je suis venu ici comme un mendiant croyant posséder le monde.
Je quitte en tant que roi, sachant très bien ne rien posséder d’autre que lui-même.

n.23 Une nouvelle vie


Je prends une grande inspiration de gratitude en regardant la fin de mon séjour dans le Kerala qui s’approche. Perché sur le toit de ma maison des trois derniers mois, entouré de jungle, habrillié d’un ciel bleu infini et bercé par le son de la mer en bas de la montagne,
me voilà ici, encore et toujours présent.

Qui aurait cru qu’un endroit pourrait autant nous transformer?
Je viens ici chaque matin et soir ces derniers temps. Il y réside un silence qui me nourrit profondément. L’environnement grandiose m’aide à accueillir de nouvelles perspectives.

Jamais je n’aurais pu planifier mon séjour ici. C’est le peintre du destin qui s’en est mêlé.
Quand la vie vient jouer dans nos affaires et nous propose un chemin conçu juste pour soi, c’est peut-être le bon temps de laisser tomber ses petits plans et d’embarquer dans le train qui nous attend, la porte grande ouverte.

Qui sait qui l’on sera en ressortant de l’autre côté?

En ce qui me concerne, mes vieilles histoires sont dorénavant mortes.
Mon vieux moi est mort dans le Kerala.
De mon point de vue, il n’y a pas de confusion; c’est une nouvelle vie qui bourgeonne.

Je trouve difficile de mettre en mot ce qui est si intime et viscéral. Le silence m’ayant redonné naissance, je suis sans mot en face de l’immensité de la vie.

Par ici, J’ai eu le privilège de me faire des ami-es pour la vie.
Je respire plus profondément et ma démarche est dorénavant fière et solide.

J’ai trouvé une dignité sans pareil en compagnie de mon nouveau frère, Abdul.
Simultanément le plus pauvre et le plus riche des hommes que j’ai eu la chance de rencontrer. Un homme surprenant au cœur plus vaste que l’océan indien.

Les manières de faire à l’indienne parfois confusantes me laissent en plus profonde acceptation de ce qui est. Je ne ressens plus le besoin d’étiqueter les choses de manière compulsive.

Tout ça me semble si naïf de tenter de saisir un morceau de la rivière de vie qui bât de son plein en vue de lui donner un nom et se sentir en sécurité en retour.

Sous peu, je serai dans un avion en direction du Sri Lanka. Cela fait depuis mon passage au Mexique cet hiver que je rêve de retourner me baigner dans la mer.

Le temps est venu de satisfaire mon désir.

Je ne sais pas où la prochaine aventure va bien mener mais me voilà, fermement enraciné dans le présent avec un cœur ouvert et un esprit réceptif.

Voyons voir ce qui va bien se dérouler prochainement.
T’es avec moi?