J’le sent. La vieille carcasse de qui j’étais.
Subtil, mais on ne peut se tromper.
Une sorte de vapeur persistante s’enivre de ma présence.
Je la laisse passer.
Les fantômes de mémoires anciennes, des manières obsolètes, à l’extérieur fixées vers l’intérieur, viennent cogner à une fenêtre.
J’entends frapper.
Elles veulent entrer.
Mais l’hiver est déjà à nos portes. Aucune fenêtre ne sera ouverte aujourd’hui.
La semaine dernière, je me suis retrouvé à courir sans arrêt dans l’espoir de faire les choses ‘’se passer’’. À manier des cordes vastes et différées pour y tisser un grand tapis magnifique. Tout comme dans l’temps, tout comme la vie que j’ai quittée il y a un peu moins d’un an de cela.
Je me remémore mes aventures au Kerala.
Sur le toit d’où je suis mort.
Je caresse le souvenir de quand tout s’est arrêté.
La voix venant de nul part partout qui me dit: ‘’t’en a pas assez de toutes ces histoires?’’
Des légendes personnelles de qui, de quoi et de pourquoi l’ont est, ont tendance à s’éterniser. Elles ne rôdent jamais très loin.
À l’affût pour une ouverture opportune.
Un chemin pour revenir à mes côtés.
Un cadeau inestimable pour l’exercice de notre liberté de choisir.
J’ai un scoop à annoncer; j’en ai assez de toutes ces histoires.
Je choisis d’entamer la nouvelle route sans eux.
Le vide me convient comme un gant de laine en novembre.
Et bien voilà!
Je me retrouve au Verre Bouteille pour une soirée ‘’carte blanche’’ musicale. JeanFlex au piano, Salomé au violon et Charles Viguerie aux traitements sonores.

Il y a maintes histoires à raconter sur le sujet de la grande musique, l’éclairage de classe et d’une machine à fumée. C’est la matière première des rêves!

Une fraîcheur caractérise les mélodies. Le ton est chaud. Le rythme est lent et intentionnel.
Ce soir, c’est un dernier au-revoir pour JeanFlex qui retourne en France dès demain.
Une dernière gig pour la route!

Je ne peux m’empêcher de nager dans l’atmosphère d’un jazz brumeux haut en sensibilitées. Ça me rappelle le cycle des aux-revoirs laissent place aux nouvelles rencontres ainsi que de la renaissance quotidienne de la vie de tous les jours.
Aussi étrange que cela puisse sonner sur papier, l’authenticité de ce petit instant de l’espace temps est si forte que j’en ai l’impression de pouvoir l’accueillir dans la paume de mes mains.
Se tenant bien droit devant un précipice, l’encre est désireuse de rouler sur la bille du stylo et de se répandre sur la page blanche de l’existence.
Mais il y a une attente.
Ce soir, j’ai l’honneur d’habiter cet endroit d’entre les mondes.

Un ami s’en va, un autre ouvre la porte.
À rester perché sur mon stool de bar à peindre des mots de ce qui est, pourrait être et de ce qui peut-être jamais ne sera, je me remémore de porter meilleure attention à tous les cadeaux qui sont déjà présent et de poursuivre un peu moins ce qui est tout juste hors de portée.
La tapisserie de la vie est si grandiose.
Avec grâce et humilité, je me souviens encore une fois que l’aventure la plus légendaire est celle de l’instant présent foisonnant de gratitude d’être, simplement.
Au revoir mon ami! Que la route soit légatrice de joies et d’aventures excitantes!






































