
Ok mon Félix, check ça.
J’suis à Padmanabhapuram depuis un mois. Un p’tit village perdu dans le Tamil Nadu. L’attraction touristique du coin c’est le palace royal. Y’a pu de roi dedans depuis longtemps mais les touristes indiens y affluent par milliers.
Il doit y avoir des centaines de voyages organisés en autobus. Chaque voiture est différente.
Ça peut ressembler à un vieux fourgon scolaire tout comme un tour bus de rock star.
Ils sont drôles les bus. Ils sont remplis de logos pis de slogans semi cool avec des fautes d’orthographe du genre: ‘’Underfeated’’ ‘’Work hard be a Winer’’ ‘’King of kings’’ ‘’Where to road end, the fun begin’’. Avec pleins d’images de gars musclés un peu partout sur le bolide, c’est comme si des ti-gars de 12 ans se seraient fait un business touristique.
On devrait starter un business du genre toé pis moé. On pourrait apporter des touristes français à St-Hyacinthe chez Lucien pour leur montrer le plus grand feu de palettes au monde. Souper de lapin à la pabst inclue dans le prix.
Notre bus pourrait avoir comme slogan: ‘’Tu découvre le Québec, en tabarnak’’
M’semble ça serait une bonne évolution de Ride ton char d’in rangs, non?
Sur un autre sujet, t’imagines pas à quel point le monde y mange du riz par ici. Matin-midi-soir. Tous les jours.
J’me suis lié d’amitié avec une famille du coin. On a chillé en masse ces dernières semaines. À un moment donné, j’ai fait part que la quantité de riz était trop pour moi.
Par la suite, ils ont commencé à m’appeler ‘’Baby rice’’
Genre, jt’e niaise pas, un adulte, pour diner, mange au moins deux livres de riz à lui seul. Y’a un jour où Salitha, la femme qui cuisinne pour la famille me regarde et me dit: ‘’Today, no rice’’ (‘’aujourd’hui, pas de riz’’). J’étais ben content. Mais là, elle me sert un énorme plate de riz dans de l’eau salé avec un autre nom que ‘’white rice’’
Ça m’a surpris pis ça m’a fait rire.
Un peu comme le café d’ici qui est que de l’instant, y’a du riz dans le non-riz pis y’a pas de café dans l’café.

Les deux questions qu’on me pose le plus souvent c’est ‘’Tu viens d’où?’’ et ‘’t’es tu marié?’’
J’pense faut en venir à l’évidence, y’aura pas de fourrage d’une nuit pour Bobcat dans c’te coin-ci du monde. Le bobcat est un animal solitaire de toute façon.
Aujourd’hui, je viens de quitter mes ami-es de Padmanabhapuram. J’suis vraiment béni de les avoir rencontrés. Je fais partie de la famille dorénavant. De l’hospitalité ‘’de course’’.
J’ai appris pleins de mots de Tamil et ils m’ont même fait un lunch pour la route.
J’suis choyé fois mille, man.


Ok bro, on va finir c’te texte la en beauté avec le dévoilement du concours ‘
’What the fuck calice, esti de criss de bâtard de viarge, tabarnak’’.
3e place: Les moustiques. Icitte, ils sont voraces, silencieux et agressifs. Contrairement à nos moustiques québécois que tu ressens leur piqûre avant qu’il soit trop tard, ceux d’ici, tu sens rien sauf quand la job est faite. J’dirais que ça démange au moins trois fois plus que nos moustiques.
Y’a une soirée où j’étais allé au puits, à l’orée de la jungle, pour remplir des buckets d’eau.
J’me suis tellement fait attaqué que j’ai compris le désir d’extermination brutale et sans merci d’une autre espèce. A c’te moment là, si un bouton existait que tu pouvais tuer une espèce entière, je l’aurais enfoncé avec un lance flamme sans penser aux conséquences sur l’environnement.
2e place: Les mangues. Oui bro, les mangues!
Ok, check ça. En tant que blanc canadien, j’avais jamais ceuillis ça une mangue. Faque en gros, quand tu les enlèves de l’arbre, à la racine du fruit, y’a un jus blanc qui sort pis qui te gicle sur les mains. Tu te poses pa;s de question parce que t’es un blanc canadien ignorant tout de la flore Indienne. Laisse moi ben t’dire que c’te jus la, il cause des brûlures chimique sur la peau assez brutale. J’vais probablement en avoir des traces à vie pour le prouver.
1ère place: Le grand gagnant du concours, c’est le Mascouti.
Ok bro, celui-là c’est un autre niveau de souffrance. Le mascouti c’est une chenille poilue qui perd ses poils pour se protéger pis ça te rentre dans la peau. Je soupçonne qu’elle les perd juste pour faire chier.
Faque j’suis la, un après midi avec ma nouvelle famille Tamil lorsque la petite fille de 6 ans me regarde puis me demande de shaker son sari accroché à une branche d’arbre qui lui sert de balançoire. J’le fais aussitôt, j’me suis dit que d’enlever une coupe de fourmis pis de chenilles y’a rien la. Cinq minutes plus tard, après avoir shaké ça comme un bon, ça commence à piquer ma peau. La douleur augmente au point que j’ai l’impression qu’on m’a jeté de l’huile bouillante dessus. C’est le fucking enfer, man. Comme se faire râper la peau avec du vieux barbelé rouillé puis se rouler dans des tisons ardents en même temps.
Une chance que la famille savait c’était quoi et quoi faire avec la situation sinon j’aurais fini à l’hôpital. Morale de l’histoire: à l’avenir, éviter les chenilles.
