Dans la grandiose cité de Montréal, le sommeil est optionnel.
Me voilà de retour depuis quelques jours seulement et c’est plus que temps d’aller prendre une bonne marche culturelle.
Le rythme de Montréal est ‘’trop vite et sans arrêt’’
Si tu y viens, plonge en son fleuve et apprend à nager ses courants puissants.
La culture d’ici est vaste, diverse et en constante réinvention. Il y a constamment quelque chose qui se passe et si tu n’es pas vacciné, tu risques d’attraper le ‘’fomo’’ facilement.
Par dessus tout, embrasse ce que tu peux et oublis le reste.
J’adore la saison froide d’ici. C’est le temps de l’année où j’ai le plus de gig et que les sorties abondent pour y rencontrer de vieux et nouveaux ami-es.
En cette fin d’Octobre, le premier arrêt est au vernissage de mon ami Jocelyn Renouf à la galerie 1040 sur la rue Marie-Anne.

Il y présente une série de portraits à l’huile. De ce qu’il m’en dit, il utilise le style ‘’Alla Prima’’, ce qui signifie que l’œuvre est terminée en une seule session. L’huile demeure fraîche et la peinture s’étend comme du beurre fondant. Cela rend l’odyssée artistique profondément satisfaisante. C’est dans les petites choses de la vie que le bonheur tient sa tanière.
En me promenant d’une œuvre à l’autre, à y absorber la haute qualité d’artisanat, la créativité foisonnante et la passion en mon cœur pour une utilisation ultérieure, l’une d’elle retient mon attention plus que les autres.

Nadya me regarde jusqu’au tréfonds de mon être. Je ne peux m’empêcher d’être habité par la sensation qu’elle est sur le bord de bouger et de se présenter à moi.
Elle s’exclame avec douce fierté: ‘’J’existe! Et toi?’’
‘’Oui Nadya, j’existe aussi. Merci de me voir.’’

Suite à un peu de bavardage, l’horloge me rappelle que c’est déjà le temps de me diriger vers le plat principal de la soirée: un concert de musique au bon vieux Quai des Brumes.
La salle célèbre son 40e anniversaire ce mois-ci. C’est l’un de mes endroits préférés en ville. La musique est de qualité, le staff est sympathique et j’y rencontre une ribambelle rodant au bar à la tombée du crépuscule.
Ce soir, c’est le lancement d’album ‘’Onomatopée’’ de Dominique Poirier.
Il déchire à l’accordéon comme nul autre. Le tout accompagné par une section rythmique de jazz et du quatuor à cordes ‘’Bazar’’.

La créativité est tangible et cela étanche ma soif viscérale de musique live dite ‘’de course’’.
Je vais te partager mon secret. Pour plusieurs d’entre nous, aller voir des concerts est une activité régulière. La seule façon pour moi de pouvoir faire cela, c’est par l’échange.
Je prends des photos et je rentre gratuitement.
J’ai donc l’honneur de m’ancrer dans le pivot d’un des meilleurs endroits au monde: à un concert tout en rendant un service.
D’une balade rappelant les vieilles chansons françaises, au classique moderne jusqu’ au jazz libéré, l’orchestre passe d’un univers à un autre tout en jonglant avec brio d’une transition à un autre.
Le talent est au rendez-vous, les vagues m’emportent en transe photographique.
Étant moi-même musicien, je peux anticiper là où je pourrai capturer ce que l’on nomme, en anglais, un ‘’stank face’’. Là où la musique est si bonne que les muscles du visage se contractent tel un steak recevant un trop haut influ d’électricité.

Dominique est l’un de mes musiciens favoris à Montréal.
Doté d’une versatilité sans pareil et d’une passion contagieuse, c’est toujours un grand plaisir de l’entendre jouer et de partager un jam à l’occasion.
Il est le premier que j’ai entendu mettre des effets tel que le wahwah sur un accordéon,
Il fallait bien que quelqu’un y pense!
D’une chanson en solo, au quatuor de jazz suintant la férocité de la recherche de la prochaine note jusqu’au quatuor Bazar, l’orchestre se meut d’une forme à une autre nous laissant sur le bout des orteils ne sachant pas quel sera la prochaine itération du groupe.

Puis vient un temps où j’arrête la photographie. J’ai assez de photos pour l’instant.
Je me laisse emporter par le maelstrom musical qui m’enivre vers une autre saison froide à Montréal. C’est tout qu’un plaisir de revenir au pan de l’hiver et de plonger dans un spectacle incomparable.
Bobcat est de retour, restez à l’affût pour d’autres aventures métropolitaines!
Vous pouvez voir les oeuvre de Jocelyn Renouf sur on Insta: https://www.instagram.com/jocelynrenouf/
Voici le lien pour l’album »Onomatopée » de Dominique Poirier: https://dominiquepoirier.bandcamp.com/album/onomatop-e
