N.30 Un autre au-revoir

J’le sent. La vieille carcasse de qui j’étais.
Subtil, mais on ne peut se tromper.
Une sorte de vapeur persistante s’enivre de ma présence.
Je la laisse passer.

Les fantômes de mémoires anciennes, des manières obsolètes, à l’extérieur fixées vers l’intérieur, viennent cogner à une fenêtre.

J’entends frapper.

Elles veulent entrer.
Mais l’hiver est déjà à nos portes. Aucune fenêtre ne sera ouverte aujourd’hui.

La semaine dernière, je me suis retrouvé à courir sans arrêt dans l’espoir de faire les choses ‘’se passer’’. À manier des cordes vastes et différées pour y tisser un grand tapis magnifique. Tout comme dans l’temps, tout comme la vie que j’ai quittée il y a un peu moins d’un an de cela.

Je me remémore mes aventures au Kerala.
Sur le toit d’où je suis mort.
Je caresse le souvenir de quand tout s’est arrêté.

La voix venant de nul part partout qui me dit: ‘’t’en a pas assez de toutes ces histoires?’’

Des légendes personnelles de qui, de quoi et de pourquoi l’ont est, ont tendance à s’éterniser. Elles ne rôdent jamais très loin.

À l’affût pour une ouverture opportune.
Un chemin pour revenir à mes côtés.
Un cadeau inestimable pour l’exercice de notre liberté de choisir.

J’ai un scoop à annoncer; j’en ai assez de toutes ces histoires.
Je choisis d’entamer la nouvelle route sans eux.
Le vide me convient comme un gant de laine en novembre.

Et bien voilà!
Je me retrouve au Verre Bouteille pour une soirée ‘’carte blanche’’ musicale. JeanFlex au piano, Salomé au violon et Charles Viguerie aux traitements sonores.

Il y a maintes histoires à raconter sur le sujet de la grande musique, l’éclairage de classe et d’une machine à fumée. C’est la matière première des rêves!

Une fraîcheur caractérise les mélodies. Le ton est chaud. Le rythme est lent et intentionnel.

Ce soir, c’est un dernier au-revoir pour JeanFlex qui retourne en France dès demain.
Une dernière gig pour la route!

Je ne peux m’empêcher de nager dans l’atmosphère d’un jazz brumeux haut en sensibilitées. Ça me rappelle le cycle des aux-revoirs laissent place aux nouvelles rencontres ainsi que de la renaissance quotidienne de la vie de tous les jours.

Aussi étrange que cela puisse sonner sur papier, l’authenticité de ce petit instant de l’espace temps est si forte que j’en ai l’impression de pouvoir l’accueillir dans la paume de mes mains.

Se tenant bien droit devant un précipice, l’encre est désireuse de rouler sur la bille du stylo et de se répandre sur la page blanche de l’existence.

Mais il y a une attente.
Ce soir, j’ai l’honneur d’habiter cet endroit d’entre les mondes.

Un ami s’en va, un autre ouvre la porte.

À rester perché sur mon stool de bar à peindre des mots de ce qui est, pourrait être et de ce qui peut-être jamais ne sera, je me remémore de porter meilleure attention à tous les cadeaux qui sont déjà présent et de poursuivre un peu moins ce qui est tout juste hors de portée.

La tapisserie de la vie est si grandiose.

Avec grâce et humilité, je me souviens encore une fois que l’aventure la plus légendaire est celle de l’instant présent foisonnant de gratitude d’être, simplement.

Au revoir mon ami! Que la route soit légatrice de joies et d’aventures excitantes!

N.27 Ballade Culturelle

Dans la grandiose cité de Montréal, le sommeil est optionnel.
Me voilà de retour depuis quelques jours seulement et c’est plus que temps d’aller prendre une bonne marche culturelle.

Le rythme de Montréal est ‘’trop vite et sans arrêt’’
Si tu y viens, plonge en son fleuve et apprend à nager ses courants puissants.

La culture d’ici est vaste, diverse et en constante réinvention. Il y a constamment quelque chose qui se passe et si tu n’es pas vacciné, tu risques d’attraper le ‘’fomo’’ facilement.
Par dessus tout, embrasse ce que tu peux et oublis le reste.

J’adore la saison froide d’ici. C’est le temps de l’année où j’ai le plus de gig et que les sorties abondent pour y rencontrer de vieux et nouveaux ami-es.

En cette fin d’Octobre, le premier arrêt est au vernissage de mon ami Jocelyn Renouf à la galerie 1040 sur la rue Marie-Anne.

Il y présente une série de portraits à l’huile. De ce qu’il m’en dit, il utilise le style ‘’Alla Prima’’, ce qui signifie que l’œuvre est terminée en une seule session. L’huile demeure fraîche et la peinture s’étend comme du beurre fondant. Cela rend l’odyssée artistique profondément satisfaisante. C’est dans les petites choses de la vie que le bonheur tient sa tanière.

En me promenant d’une œuvre à l’autre, à y absorber la haute qualité d’artisanat, la créativité foisonnante et la passion en mon cœur pour une utilisation ultérieure, l’une d’elle retient mon attention plus que les autres.

Nadya me regarde jusqu’au tréfonds de mon être. Je ne peux m’empêcher d’être habité par la sensation qu’elle est sur le bord de bouger et de se présenter à moi.

Elle s’exclame avec douce fierté: ‘’J’existe! Et toi?’’

‘’Oui Nadya, j’existe aussi. Merci de me voir.’’


Suite à un peu de bavardage, l’horloge me rappelle que c’est déjà le temps de me diriger vers le plat principal de la soirée: un concert de musique au bon vieux Quai des Brumes.

La salle célèbre son 40e anniversaire ce mois-ci. C’est l’un de mes endroits préférés en ville. La musique est de qualité, le staff est sympathique et j’y rencontre une ribambelle rodant au bar à la tombée du crépuscule.

Ce soir, c’est le lancement d’album ‘’Onomatopée’’ de Dominique Poirier.
Il déchire à l’accordéon comme nul autre. Le tout accompagné par une section rythmique de jazz et du quatuor à cordes ‘’Bazar’’.

La créativité est tangible et cela étanche ma soif viscérale de musique live dite ‘’de course’’.

Je vais te partager mon secret. Pour plusieurs d’entre nous, aller voir des concerts est une activité régulière. La seule façon pour moi de pouvoir faire cela, c’est par l’échange.
Je prends des photos et je rentre gratuitement.

J’ai donc l’honneur de m’ancrer dans le pivot d’un des meilleurs endroits au monde: à un concert tout en rendant un service.

D’une balade rappelant les vieilles chansons françaises, au classique moderne jusqu’ au jazz libéré, l’orchestre passe d’un univers à un autre tout en jonglant avec brio d’une transition à un autre.

Le talent est au rendez-vous, les vagues m’emportent en transe photographique.
Étant moi-même musicien, je peux anticiper là où je pourrai capturer ce que l’on nomme, en anglais, un ‘’stank face’’. Là où la musique est si bonne que les muscles du visage se contractent tel un steak recevant un trop haut influ d’électricité.

Dominique est l’un de mes musiciens favoris à Montréal.
Doté d’une versatilité sans pareil et d’une passion contagieuse, c’est toujours un grand plaisir de l’entendre jouer et de partager un jam à l’occasion.

Il est le premier que j’ai entendu mettre des effets tel que le wahwah sur un accordéon,
Il fallait bien que quelqu’un y pense!

D’une chanson en solo, au quatuor de jazz suintant la férocité de la recherche de la prochaine note jusqu’au quatuor Bazar, l’orchestre se meut d’une forme à une autre nous laissant sur le bout des orteils ne sachant pas quel sera la prochaine itération du groupe.

Puis vient un temps où j’arrête la photographie. J’ai assez de photos pour l’instant.
Je me laisse emporter par le maelstrom musical qui m’enivre vers une autre saison froide à Montréal. C’est tout qu’un plaisir de revenir au pan de l’hiver et de plonger dans un spectacle incomparable.

Bobcat est de retour, restez à l’affût pour d’autres aventures métropolitaines!

Vous pouvez voir les oeuvre de Jocelyn Renouf sur on Insta: https://www.instagram.com/jocelynrenouf/

Voici le lien pour l’album  »Onomatopée » de Dominique Poirier: https://dominiquepoirier.bandcamp.com/album/onomatop-e

N.7 La Fièvre Jazzy

Rien de mieux que le jazz pour faire pomper le sang.
J’ai une fièvre et elle n’est pas en lien avec ce que j’ai mangé.
J’ai des frissons à entendre la musique qui découle du live band.

Simple et droit au but.

Tout droit sortie du bocal avec les mains sales.
Comme voler un biscuit avant le souper,
Le jazz me fait redevenir enfant.

Électrifié à coup de verre de jus,
j’me suis assis à côté du feu dans un restaurant de poisson.

Une autre soirée à sortir pour voir ce que cette ville a à offrir et tout ce que j’fais c’est d’écrire frénétiquement dans mon cahier en me reprochant d’avoir oublié ma caméra photo, encore.

Je suis un blogueur en apprentissage.
Je m’améliore chaque jour, promis!

Rien ne se compare à la musique.
Pour ma part, c’est le médium qui me fait ressentir comme une explosion de vie débordante de joie. Je te souhaite sincèrement d’avoir de telles richesse en ta vie.

Le grésillement d’une ride cymbale pendant un solo déchaîné de saxophone
La sauvagerie libéré d’un riff de rock ‘n roll
La tendre dévotion vers dieu d’une voix de l’Inde du sud
Le résonnement primal et guttural des chants de gorge Mongole

Je pourrais continuer à l’infini.

En guise de célébration pour la vie, pour moi, rien ne se compare à la musique venant du cœur. Quoique, le silence est un proche concurrent.

Par contre, lorsque les deux entrent en symbiose, je vous le dit
C’est là que ça transcende!!!