N.11 Les chiens, les au revoir et l’amitié

Aujourd’hui, j’suis parti à l’aventure avec Sombra, le chien noire et élancé du coin. Elle m’a amené en bas de la montagne jusqu’à la rivière, en haut de l’autre montagne et finalement de retour à la rivière. On a joué dans l’eau. J’ai chanté pendant que Sombra déterrait des racines.

On s’exprimait avec le même langage.

Un chien extrêmement intelligent. Toujours à l’affût de ma position.
Elle venait me chercher si on s’éloignait un peu trop.
La meilleur guide en ville!
Une vraie leader.

Sa compensation fût d’un poisson séché et 4 œufs. Un bon deal.
On est dorénavant meilleurs amis!

Le matin suivant, le temps est venu de partir de ce paradis sur terre.
Reprendre la route et me diriger vers une autre ville.
À la découverte de nouvelles aventures et de nouvelles ami-es.

C’est drôle comment la vie orchestre les choses
Chaque au-revoir est unique

Aussitôt sortie d’la cabane à tortillas, le collectivo arrive au coin de la rue.
Un bec sur la joue et on se quitte. Simple comme ça
Un chapitre se termine puis un autre s’entame.

Mon coeur s’attendrit et se remplit de gratitude

Un dernier câlin à mon amie Lula
Un dernier tamales pour mes ami-es Wapo et Sombra
Un dernier regard vers San Mateo à la sortie

Los Vemos! On se reverra.

On m’a accueilli comme un frère.
Bercé par le silence du village
J’ai mangé en masse des tortillas faites par une grand-mère de 80 ans au coin de la rue.
J’me suis amusé avec les chiens, fais des feu et farouchement joué sur mon banjo

J’ai d’la gratitude et savoure chaque instant.
J’aime la vie et je suspecte, de la manière dont les aventures s’enlignent,

La vie m’aime aussi

À plus les ami-es!!!

Pour Félix N.4


Ok Félix, laisse moi ben te parler de l’incarnation même du parfaitement imparfait,
le king des réguines: les vélos d’ashram.
Y sont jaune ça grince en masse pis sont tout rouillés. Desfois le banc y tient pas su’a rod, le guidon y déglingue, les pédales sont croches pis la roue aussi.
Tout l’monde peut les prendre pour se déplacer. Ça aide.
l’ashram est assez grand, ça simplifie le point A au point B.

Plusieurs dizaines de personnes y passent dessus chaque jour, et ça, je soupçonne, depuis plusieurs années. C’est con, mais le fait qu’ils soient tous pourris me fait terriblement sourire. Ya de quoi de vraiment rassurant et qui ramène à la réalité joueuse la dedans;
de l’importance pas trop s’prendre au sérieux.

Même un vieux vélo scrap peut rendre service et faire rire.
Ya de l’espoir dans ma carrière d’écrivain de niaiseries semi-wise.
Si les vieux vélo jaunes peuvent, esti, Moé itoo!

Sur un autre sujet, les femmes ont tellement de grâce par icitte c’est pas croyable.
On dirait des déesses divines.
Je sais que t’aime ben ça les femmes, c’pour ça j’te le mentionne.
Les vêtements qu’elles portent me rendent jaloux, moi aussi j’porterais des accoutrements du genre. Mais bon, yé quand même trop tôt pour être le gars blanc Canadien qui s’habille comme une femme. J’vais apprendre les mœurs d’ici avant de les briser.

C’est drôle, en prenant l’avion de Mexico-Paris, Paris-Bangalore, je m’attendais à endurer 25 heures de vols pas confortable, affamé à juste manger des grenâilles trop chères d’aéroport d’entre 2 vols. Finalement, bro, j’ai mangé comme un esti de chef. Y se trouve que Air France ça donne 2 repas ‘’de course’’ pis des snacks tout le long du vol.
De tout mon voyage à date, j’ai jamais autant mangé que dans l’avion.

J’ai eu ben du fun aussi. J’ai checké une couple de bons films, mais surtout, j’me suis fait ami avec les hôtesse de l’air. On a bien rigolé! Y’en a une qui m’a donné ses coordonnées, pour le jour où j’suis perdu en Afrique ayant besoin de conseils.
Le genre de contact qui vaut de l’or.


Man j’me suis retrouvé à Kanyakumari dans le sud de l’inde, l’endroit où 3 océans se rencontrent: Le golfe du bengale, la mer d’arabie et l’océan indien.
Tu te rappelles le chien mexicain tout frippé et vieux que j’tai mentionné y’a 2 textes de ça?

À c’te place là y’a des chiens tellement scrap de la vie j’en suis pas revenu.
Ils sont plein de trou, ils marchent tout croche, les yeux affolés pis y’ont tous de gigantesque pénis. Une canette de redbull pis c’est pas une joke. Ya probablement une maladie qui créer ça. J’te jure, man, j’en ai vu un avec une queue aussi grosse que sa cuisse.

D’habitude je flatte tous les chiens et chats que je rencontre mais la, j’ai pas pu.
Sont tellement scrap et sale, j’ai pas osé.
C’est vraiment triste tout ça. je ne sais pas c’est quoi qui se passe avec ces chiens là.
Ils ont tous l’air sortis de 4 ans dans les tranchées dans la première guerre mondiale.
C’est fou raide. J’vais même pas prendre de photos, c’est trop triste.

Pour finir ça sur une note plus positive, j’me suis fait adopté par une famille dans le Tamil Nadu. Ils m’ont nourri comme jamais et on rit bien ensemble. On a pêche dans un lac totalement malpropre et oui, j’ai mangé le poisson. J’pas encore mort.

La qualité de l’hospitalité d’ici me fait revisiter ma perspective de ce que sont la générosité, l’inclusion et le partage. Check moé ben rapporter toutes ces apprentissages la au Québec et mettre ça d’avant non seulement dans ma vie, mais aussi dans la création de festivals. Justement, j’vais avoir besoin d’un homme à tout faire pour aider à la construction des bâtiments requis. J’peux compter sur toi?

N.10 La ville du rêve

L’endroit feel comme un rêve.
Comme si, lentement, on m’apportait dans un état de transe.
Il y a une spatialité particulière ici.
Très large et vaporeuse

J’me sens ralentir
Je dors comme une roche
J’comprends maintenant les gens qui m’ont dit que leur expérience de la temporalité est hors du commun. Les mois passent sans qu’on s’en rende compte.

Des rêves des plus étranges me sont venus, étant ici.
C’est pas surprenant que c’est la terre de médecine des champignons par ici.
J’ressens quasiment leurs esprits qui me font signe de retourner à l’intérieur de moi.
Ils me rotissent tendrement vers un état réceptif.

Bien que mes années de recherches interne par les psychédéliques soient loin derrière moi, je comprends pourquoi c’est ici l’endroit où le faire.

J’ai l’impression d’avoir constamment une jambe dans le monde et une dans le rêve.
Et ce, par ma simple présence ici.

Y’a une attitude redneck que j’aime bien aussi
Les locaux brûlent des vidanges, élèvent des animaux et construisent des maisons
Une vraie vie simple et honnête

Tout l’monde se dit bonjour au passage, sans être trop imposant l’un à l’autre.
L’espace personnel est respecté
Ça m’rappel la campagne où j’ai grandis

J’aime ça ici.

Pendant que la musique d’Alpha Mist me berce vers les frissons, au café du coin, je cogite à propos de mes choix. J’examine ma relation à l’intimité. Ça fait un temps que ça m’traîne en tête. Je veux changer mon expérience de la chose.

Tu vois, j’suis un gars ben ouvert, mais pour quelle raison quand vient le temps pour l’intimité, j’ai tendance à hésiter. Je perds la connexion avec mes désirs pis j’me sent perdu face à ce que je veux vraiment et de comment m’y prendre.

Peut-être c’est une vieille réaction semi-consciente qui ressort d’un trop de fois le coeur brisé ou une sorte de peur du rejet. Ça n’a pas de sens de s’emmurer hors de l’expérience humaine de l’intimité, non?

Récemment, j’ai pris la décision de considérer ma vie du point de vue de la souveraineté personnelle et de l’humour.

Je prends la responsabilité de mes actions, prêt à m’ajuster et me réaligner au besoin.
J’approche la vie avec la légèreté de l’être.

Notre existence humaine est une danse entre la perfection et l’imparfait.
À prime abord, il y a toujours de la place pour rendre les situations meilleures mais la toile de fond de l’immaculé, jamais ne s’en va.

Les deux dansent main à main en direction d’une acceptation profonde de la nature du changement. Ce n’est que du jeux. Rien de trop sérieux en fin de compte.

Et bien voilà, je finis mon deuxième espresso. J’suis allumé comme une centrale électrique et prêt à bouger. C’est l’temps que j’aille me trouver un vélo et de partir à la découverte du village.

Hasta la proxima, amigos!

N.9 Chasseurs de fil

L’écriture, c’est comme un retour à l’école.
Par contre, le professeur apparaît soudainement dans le silence, transmet sa sagesse puis s’évapore aussitôt dans le vide.

Du moins, c’est ça mon expérience.

J’approche l’écriture tout comme j’appréhende la musique: j’entre dans un état de présence avec curiosité et ouverture. Je pars ensuite à la recherche du premier filon.
Une fois localisé, je tire.

J’ai lu une phrase dans un livre nommé ‘’The lion tracker’s guide to life’’ qui va comme suit: ‘’Je n’ai aucune idée où je m’en vais, mais je sais exactement comment m’y rendre’’

J’trouve que ça illustre le point avec clarté.

J’me rappelle, il y a des années de ça, à composer de la musique avec mon ami Alex.
À partir dans des états frénétiques de créativité. On jouait la chanson encore et encore, un ajustement ici, un ajout par là, en suivant la ficelle créatrice sans jugement et sans peur.
L’aventure pouvait devenir très rapide et vraiment amusante.

À la racine du procédé créatif, il se trouve la capacité d’attention
Le plus d’attention que l’on peut porter et soutenir, le plus fort le courant créatif sera.

En d’autres termes, le plus profond que l’on peut voir, toucher, goûter, sentir et ressentir, le plus d’informations est disponible à être utilisé.

As tu déjà été dans une situation à être incapable de trouver une solution pour ensuite partager le problème à un ami, qui elle, en quelques secondes trouve la réponse?

L’évidence se cache face à un esprit momentanément obtus.

L’art me fait errer vers la vie
Et la vie vers l’art
Je réfléchis à comment appliquer des concepts créatifs acquis par expérience de retour dans la vie de tous les jours.

En termes concis: comment suivre le fil.

J’en ai fait plusieurs expériences.
Même si je ne possède pas un aussi grand bravado dans ma vie qu’en musique, il y a sans équivoque une présence très similaire à l’art.

Je n’ai qu’à me familiariser avec le langage un peu plus.
Prendre actions
Être sans peur d’échouer
Apprendre plus possible
et, par-dessus tout, être joueur.

C’est l’approche qui m’a rendu au niveau de pouvoir improviser en musique pendant des heures. Je suis certain que ça va fonctionner dans ma vie de tous les jours aussi.

la découverte!!

N.8 Vieux Journal Poussiéreux

J’hésite à me l’avouer
J’étais endormi au volant depuis tellement longtemps.
J’avais oublié comment le ressentir.
Digne d’un objet emballé dans un vieux papier journal laissé à l’oublis dans un coin sombre du grenier.

Mon dieu, pourquoi?
Pourquoi n’ais-je pas fait ça plus tôt?

Je t’entends.
‘’Mais de quoi parles, Simon?

Faire le party, la fête, la fiesta!
Par moi-même, pour moi-même.
Se relaxer, rire, s’amuser et célébrer
Ça fait un bien fou.

Je m’explique.
Je venais d’aller au gym publique dans le parc et de m’empiffrer de dobladas (un gros tortillas plié en 2 avec ben du stock dedans)
C’était le soir.

J’étais plein à craquer et allumé comme une centrale électrique.
Aucune chance de dormir dans cet état la.

J’suis donc allé à la plage.
En nageant sous les étoiles ça m’est venue: Va chercher ton banjo, promène toé le long de la plage et chante comme si y’avait pas de lendemain.

C’est ça qui s’est passé!

Je ne m’étais pas senti aussi libre depuis des années.
Suite à cette épopée, j’ai fais ce que n’importe quelle personne emplie de joie est enclin à faire: partager.

Je suis aller dans la rue pour y jouer le contenu de mon cœur aux passants de soirée.
Quelques un-es ont mêmes dansé et joué

C’est dans la simplicité qu’on trouve le bonheur.
C’est dans les choses simples qui font toute la différence dans une vie.

La plus belle femme m’a sourit avec un sourire digne du chat dans Alice au pays des merveilles. J’ai retourné la faveur.

Une autre a dansé au son de ma raga. On a échangé quelques notes et mouvements.

Le gars du gym m’a donné un ‘’thumbs up’’ au passage.

C’est les choses simples.

Les petits cadeaux de la vie qui nous poussent gentillement vers une vie de joie.
Tel des panneaux indicateurs dévoilant le chemin à prendre, nous recevons des sourires, et des témoignages d’appréciation lorsque l’on se trouve sur la bonne voie.

C’est à nous de découvrir où cela va bien nous mener.

Crois moi, j’ai acheté mon one way ticket jusqu’au bout.
À la découverte de ce que la vie va bien apporter!

T’embarques?

N.7 La Fièvre Jazzy

Rien de mieux que le jazz pour faire pomper le sang.
J’ai une fièvre et elle n’est pas en lien avec ce que j’ai mangé.
J’ai des frissons à entendre la musique qui découle du live band.

Simple et droit au but.

Tout droit sortie du bocal avec les mains sales.
Comme voler un biscuit avant le souper,
Le jazz me fait redevenir enfant.

Électrifié à coup de verre de jus,
j’me suis assis à côté du feu dans un restaurant de poisson.

Une autre soirée à sortir pour voir ce que cette ville a à offrir et tout ce que j’fais c’est d’écrire frénétiquement dans mon cahier en me reprochant d’avoir oublié ma caméra photo, encore.

Je suis un blogueur en apprentissage.
Je m’améliore chaque jour, promis!

Rien ne se compare à la musique.
Pour ma part, c’est le médium qui me fait ressentir comme une explosion de vie débordante de joie. Je te souhaite sincèrement d’avoir de telles richesse en ta vie.

Le grésillement d’une ride cymbale pendant un solo déchaîné de saxophone
La sauvagerie libéré d’un riff de rock ‘n roll
La tendre dévotion vers dieu d’une voix de l’Inde du sud
Le résonnement primal et guttural des chants de gorge Mongole

Je pourrais continuer à l’infini.

En guise de célébration pour la vie, pour moi, rien ne se compare à la musique venant du cœur. Quoique, le silence est un proche concurrent.

Par contre, lorsque les deux entrent en symbiose, je vous le dit
C’est là que ça transcende!!!

Pour Félix n.3

*Attention* Cette chronique est spécialement écrite de manière plus trash.
Moi et Félix c’est comme ça que ça se passe.

Ok bro, j’suis en train de boire le café le plus léger ever.
C’est tellement décevant que j’ai décidé de t’écrire.

Pour ceuzes qui savent pas, moi et Félix on boit que du café trop fort.
Sinon, ça finit d’in vidanges.

Bref, j’reviens des montagnes. j’étais dans un village du nom de San Mateo.
T’aurais aimé ça. le vrai silence de campagne, des gens sympathiques pis une p’tite attitude redneck séduisante; ça brûle les vidanges par icitte.

Y’avait des endroits qu’on appelle une ‘’comida’’. Un genre de resto d’un habitant local.

Tu te pointes, la personne te dit ce qu’elle peut te cuisiner selon ses ingrédients du moment,
tu comprends à peu près 7% de c’qui s’dit parce que t’as commencé à apprendre l’espagnol y’a 3 semaine faque tu dit ‘’si’’ pis ‘’gracias’’ assez de fois pour que la bouffe arrive.

Tu manges. C’est délicieux.
Tu dit encore ‘’gracias’’
Tu payes
Pis that’s it.

Aujourd’hui, j’pars à la recherche d’un chapeau de cowboy, ça fait 2 que je perds.
Ma en profiter pour trouver du café calissement trop fort parce qu’en ce moment;
c’est inacceptable.

C’est étrange d’arriver dans une ville où y’a du trafic pis des quêteux.
Après le silence infini des montagnes, c’est un changement drastique.
J’ai dépensé plus en une soirée ici qu’une semaine dans les montagnes.
Laisse moi ben t’dire que j’vais aller voir ailleurs si j’y suis!

Mais en tout cas, y’a de l’art icitte c’est pas croyable.
Des maisons colorées, peinturées à grandeur.
Y’a d’la galerie d’art au pied carré.
Un Bobcat se promène pis y prend son temps.

Bon. Faque j’suis sortie de la ville, finalement.
Ça m’a pris 3 heures à trouver le bon colectivo
En plein soleil de midi,
dans un marché de rue où tu y trouves de tout, même un ami.

J’ai dû demander à 4 personnes. Elles m’ont toutes donné des informations contraires
(ou peut-être c’était la même information dite de manière distincte à chaque fois pis j’ai rien compris. C’est possible, j’parle environ 3% espagnol après tout)

Ça m’a coûté 100 pesos de mon hôtel jusqu’au marché. 10 minutes de char.
40 pesos du marché jusqu’à San Augustin Etlan. 45 minutes de char.
J’pense me suis fait fourrer quelque part.
Mais bon, c’est aussi ça la vie de touriste!

Pendant cette aventure en plein trafic Mexicain, j’ai eu une émotion forte.
La mer me manque.
Y’a rien qui équivaut à se baigner 4 fois par jour dans la mer salée au fort courant.
Être graine à l’air à 6h du matin, au levé du soleil, sur une plage déserte, à s’baigner;
Y’a pas grand chose qui top ça.
Prochaine fois, m’a y rester plus longtemps.

P.S:: Tsé la mon aventure à chercher un colectivo dans un marché pendant 3 heures en plein soleil?
Ben j’ai appris par la suite que c’est l’endroit le plus dangereux en ville. Heureusement j’étais là , de 11h à 14h quand le soleil cuit la peau parce que les bandits font la sieste pendant c’temps la.
Le crime commence son shift à 16h.

P.P.S: À la publication de c’te chronique la, ma surment être rendu dans un ashram en Inde.
Tsé Félix, un ashram c’est un endroit où tu te lèves ben trop tôt pour faire beaucoup trop de
yoga pis tu fourre pas. Y’a pas de fourrage. Rien fuckall.
Tout ça pour dire que j’ai toujours pas fourré. Tu seras le premier averti quand ça va se passer.
Inquiète-toé pas la dessus.

Pis tsé, dans l’fonds, c’est pas mon premier Rodéo en solo.
L’intimité est un aspect de ma vie que j’ai souvent eu d’la misère à concrétiser.
J’suis un peu comme un cowboy perdu dans l’désert;
ya rien à fourrer dans l’désert faque y fourre pas.

Bon, l’analogie est pas mal cheap, mais dans l’fonds, c’est ça l’but.

N.6 Le Moine Cowboy

J’pas venu ici pour réinventer la roue.
Lorsque mon amie ma dit: ‘’ on s’en vas à la plage nudiste’’
J’ai acquiescé puis je n’ai pas prévu de maillot.

Et bien me v’là, les fesse à l’air dans le sable chaud.
Jamais auparavant dans ma vie, ais-je vue autant de couilles.
Bon… Ainsi va la vie!

Maintenant que je mets mes lunettes, il y a à peu près 40 personnes sur la plage, 37 sont des hommes. La représentation équitable des sexe a pris le bord. La plage aurait pu s’appeler ‘’la terre de la palourde royale’’

ou encore mieux: ‘’Des souris et des hommes’’

Ok, ok. j’arrête les jokes de queues, on a tous les 2 de meilleures choses à faire.

Flash forward 3 heures plus tard.
On est dans une danse extatique dans une auberge de jeunesse.
Il y a un jacuzzi, un sauna, de la musique forte et plein de belles gensses.

On y est entré à la manière du cowboy paumé: Tu marches vite en entrant par la porte principale, t’agis comme si la place t’appartient et voilà!

Party gratiss

À prendre le temps de bien observer, je vois les mêmes types de personnes d’ où je viens mais dans des corps différents. Oui, chacun possède sa propre saveur mais le plat principal est le même.

J’me dit qu’on ne peut pas réinventer la roue: le monde veut danser, rire et baiser.

J’peux comprendre ça.

Malgré avoir eu mes moments, mes années de party sont depuis longtemps évaporées.
J’ai toujours été plus moine que rockstar, de toute façon.
J’préfère prendre un café entre amis l’ après- midi et regarder les étoiles le soir.

Il y a un silence à l’intérieur. Il grandit.
Je ne sais pas où cela va me mener.
Vu qu’on est ami, j’vais être transparent avec toi.

Ça m’fait un peu peur.
J’connais pas le chemin du retour.

T’es tu déjà retrouvé dans un espace intérieur
sans couleur
sans jugement
sans préférence
Aucune pensée?

C’t’endroit la m’appel.

Je sais pas pourquoi, peut-être la liberté de la chose, peut-être par curiosité.

Quand j’y reste pour un certain temps, le monde entier devient le même.
C’est difficile de mettre en mot mais j’vais essayer de peindre une image.

La femme magnifique pis le vieux bum au coin de la rue?
Je ne vois plus de différence
Ma mère ou un étranger?
Chacun mérite tout autant de respect l’un que l’autre

En vérité, je crois être partit voyagé pour plonger pleinement dans cet endroit.
Pour voir où ça va mener.

En tout cas, excuse moi, je me suis laissé emporté un peu.

J’suis présentement voûté au-dessus de mon cahier d’écriture à un party.
Peut-être que ça serait le temps d’aller saupoudrer un peu de rockstar sur ce moine la.
Pour équilibrer les choses.

À plus amigos!

N.5 Ah, les musiciens!

Ah les musiciens-ennes!

Que serait le monde sans eux?
Qui est-ce qui ferait danser les gens?
Qui d’autre peut offrir une profondeur similaire à celle que tu ressens en écoutant la musique que tu aimes?

Dit moi, honnêtement, te sens tu autant heureux dans la vie de tous les jours que dans les moments où tu t’emporte comme une folle à un concert?

Probablement pas, non

Un soir, je relaxais dans ma chambre lorsque soudainement, un son lointain de musique live m’appela à elle. Envoûté par ses rythmes, je suis devenu son pantin. Elle a tendrement tiré mes ficelles en sa direction.

Le joueur de guitare est sans pareil. Il joue la basse et la guitare en même temps, sur le même instrument. Je fais la même chose mais ce gars la déchire comme personne!

Ça a dû me prendre un solide 5 minutes pour comprendre qu’il n’y avait pas de ‘’vrai’’ joueur de basse dans le groupe.

Un vrai maître!

Quelle joie que d’être pieds nus la nuit, bercé par le son de musique live, sur la terrasse à ciel ouvert d’un bar local.

En ce moment, ma vie est complète. Il n’y a rien à ajouter.

Tu devras m’excuser, je dois échanger le crayon et le papier pour les pieds et le plancher de danse.

À plus les ami-es!

N.4 ‘’Chier sur la Plage’’

La fiesta était ici la nuit dernière.
À ce que j’en remarque avec ce qui m’entoure, elle y est à tous les soirs
La table sur laquelle j’écris est à moitié calcinée mais si elle tient encore debout, ça comble mes besoins. C’est difficile d’écrire accroupie, comme le font les indiens.

Et voilà, en plus d’oublier mon chapeau dans l’avion,
j’ai laissé mes souliers dans ma chambre.
Il est tôt ais-je pensé.
Je n’en aurai pas l’utilité que j’me suis dit.
Le sol ne sera pas si brûlant le matin.

Je suis sur le point de payer le prix de mon ignorance.

À l’instant où le soleil dévore tout restant d’ombre, je suis assis dans le dernier bastion de pénombre. Mon regard s’aventure au loin en direction du sable torride et je sais;
Je devrai traverser cette vallée de la mort très bientôt.

Les chiens par ici sont bien sympathiques, les hippies sont des hippies, les moustiques ne sont pas agressifs et je suis bon ami avec un chat. J’aime bien cet endroit!

Lorsque j’aperçois, au loin, un canin chier sur la plage, je prends note de sa localisation.
Et puis, une histoire me vient à l’esprit.

Ok, écoute ça.

Il y a une plage au sable noir. Le sable est magnétique.
Si tu passes un aimant aux travers, le sol bouge et tu t’émerveille à la simplicité de la vie.

En me racontant l’histoire, mon amie mentionne qu’un habitant de la région lui a indiqué en demandant, à moitié en plaisanterie; ‘’Ne le dit pas aux blancs’’

As-tu déjà visité un endroit que tu pourrais sans équivoque baptiser ‘’paradis’’?
Pour y retourner des années plus tard et constater que l’esprit du lieu a été saccagé par le développement touristique et l’embourgeoisement?

Moi oui.
Je n’ai pas dû voyager bien loin pour le voir.

En toute honnêteté, je suis heureux que les habitants de cet endroit puissent créer des entreprises et prospérer. Par contre, j’ai l’impression que la plupart des auberges appartiennent à des ‘’étrangers’’.

Mais en vérité, je ne sais pas.

C’est un sujet complexe pour des esprits compliqués. Je laisse à des gens plus sages que moi le soin de démêler tout ça.
En ce qui me concerne, je préfère marcher doucement avec humilité partout où je vais, remercier abondamment, me mêler à la culture locale et, surtout, de ne jamais aller proverbialement chier sur la plage.