N.18 l’hospitalité à l’Indienne

En Inde, l’hospitalité est telle qu’on t’invite en leur demeure pour y rencontrer toute la famille après t’avoir rencontré sur un coin de rue, un après-midi hasardeux de tous les jours.
On t’y offre une chaise pour s’asseoir, un thé chai et on te nourris jusqu’à ce que ton ventre soit rond. Si chacun reçoit deux portions, en tant qu’invité, tu en reçois quatre.

À un certain moment tu devras apprendre à dire non. Trois doshas c’est assez.
Mais ils t’en apportent deux de plus ainsi qu’un autre poisson frit.
Tu peux refuser.
Exprimer que tu es rassasié et satisfait mais cela ne fonctionne pas à tout coup.
Dans le doute, dit merci et puis continue de t’empiffrer.

Ils. te serviront du thé.
Oui, c’est un stimulant.
Oui, il est 9 heures du soir, un mardi, et tu te couches habituellement à 10h.
Oui, tu auras de la difficulté à dormir.
Fais juste dire merci et bois le troisième thé.

On va te proposer de revenir le lendemain.
Tu es en Inde.
Tu es ici pour découvrir la culture et t’immerser en son arborescence d’expressions.
Fais juste dire oui.
Pointe toi le jour suivant. Manges encore plus. Apprends quelques mots et absorbe les subtilitées culturelles. Partage ton humanité et une bonne dose d’humour.

Comme tu peux le deviner, il est maintenant 10 heures du soir, un mardi. Je viens de manger pour trois et bu tant de thé, je doute que le sommeil sera paisible cette nuit.

Demain, Karti me montrera comment porter la serviette de coton autour de la taille comme un vrai Tamil. Je m’excuse de ne pas savoir le nom de l’accoutrement en ce moment.
En général, je m’y prends comme suit: Je dit ‘’oui’’, j’ai une expérience et par la suite j’apprends le nom des choses.

Deux jours plus tard

On appelle cela un ‘’Longi’’. On m’a appris maint mots de Tamil et Malayalam.
Même quelques ‘’mauvais mots’’ en hindi.

J’ai tant rit ces derniers jours avec ma nouvelle famille adoptive Tamil que les coins de ma bouche font mal et mes yeux ont des rides. Ils savent comment passer un bon temps, c’est sûr!

Je suis allé pêcher pour la première fois depuis des lustres. Armé d’un bâton de bambou et de pâte de riz comme appât sur un lac si souillé que je n’ai pas osé y mettre mes pieds.

Je t’entends déjà me demander: Avez-vous attrapé des poissons?
Oui. Et, oui on les a mangés.
Je ne suis toujours pas tombé malade et si Dieu le veut, jamais je ne le serai.

Ainsi, une autre journée se termine sur cette glorieuse terre du Tamil Nadu.

Mon regard se tourne vers le nord.
On m’a parlé des danseuses et des musiciens du Rajasthan. Je veux les rencontrer.
M’y faire des ami-es et jouer ensemble. Je n’ai toujours pas étanché ma soif de musique.
Je continuerai à regarder à l’extérieur, enraciné à l’intérieur.

Banjo en mains et prêt à jouer!

Un Bobcat en recherche active.

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