N.35 Le feu de nos Trippes

Il n’y a pas de bon ou mauvais artiste.
On s’exprime.
On se laisse aller. On ne se juge pas.
On célèbre la liberté qui est la nôtre.
On chante pour la vie qui nous insuffle l’énergie viscérale qui nous active.

On n’est pas ici pour bien longtemps.
Les blocages, on les brise. Faut pas se laisser abattre.
La force qui nous habite est plus forte que tous les conditionnements.

On vit dans une société de fou. On est colonial et colonisé. Nous sommes modelés par un système oppressif et diminutif du potentiel de l’âme humaine. Alors on prend tout ce que l’on nous a donné, imposé et violemment inculqué pour le digérer dans le feu intarissable de nos tripes. On le recrache vers le monde une expression artistique à la fois.

On brise nos chaînes puis on aide les autres à se libérer eux aussi.
On change le monde une action à la fois.

Ce que l’on dit, ce que l’on fait, comment on le fait et pourquoi on le fait est primordial.
L’évolution d’une race gangrenée par un esprit de guerre et de division se passe inévitablement par la prise de conscience de nos gestes quotidiens.

Il ne faut pas sous-estimer l’impact de nos actions.
La bienveillance vaincra tous les despotes de ce bas monde.
L’entraide réduira nos systèmes oppressants en cendres.

Le chemin est sans fin.
C’est à nous de laisser un monde meilleur à notre sortie.
Il reviendra aux générations futures de prendre le flambeau.

Et puis quand le paradis sera réel dans l’esprit et dans le cœur de tous les êtres de cette planète, une autre montagne se présentera à nous. Il n’y a pas de finalité.
La vie coule et s’expanse peu importe.

Lorsque la maturité entre jusque dans nos os, se mettre au travail pour un monde plus compatissant, plus humoristique et plus authentique est une évidence.
Il faut planter des arbres tout en sachant que nous ne pourrons peut-être jamais nous prélasser sous leurs ombres.

C’est ça pour moi être un artiste.
C’est ça selon moi être en vie.

N.28 De perplexités, d’ignorance et de bonheur

Ainsi, en tant qu’auteur de ma propre histoire, une page blanche s’offre à moi avec une attitude joueuse.. Une énergie palpable flotte dans l’air. Mes voyages outre-mer sont terminés pour l’instant mais l’appel de l’aventure résonne profondément en moi.

Avec une certaine naïveté, j’avais imaginé le voyage comme étant une expérience grandiose et transformatrice, un feu d’artifice d’émotions et de moments époustouflants.
Pour finalement découvrir que ce genre d’histoires n’était qu’une épice.
Une pincée par-ci par-là, ni plus ni moins.

Ce qui m’a vraiment surpris, c’est la vie quotidienne, ordinaire et sans éclat, qui semblait battre son plein partout où j’allais.

Le quotidien des gens locaux n’était pas si différent de mon voyage de jour en jour.
Étrangement, avant de voyager, j’étais ailleurs à rêver, mais une fois sur place, je me suis retrouvé au seul endroit qu’il y aura toujours: ici et maintenant.

On pourrait dire que c’est venu de l’intérieur ou que ça m’a frappé de plein fouet :

l’indéniabilité de la vérité. Peu importe où je m’égare, je suis ici, maintenant.
On pourrait avancer que mon voyage s’est arrêté là.
Ou qu’il n’a fait que commencer.

Au fond, c’est la même chose.

Je trouve le langage inadéquat lorsqu’il s’agit de partager ce qui constitue l’essence même de la vie. Une analyse intellectuelle est loin d’être suffisante et la sagesse du cœur ne peut s’exprimer que par l’imagerie ou par une simplicité pleine de sens.

Auparavant, j’appréciais beaucoup l’approche zen.
Des histoires simples, un sens profond.

« Le café noir est chaud. La tasse est blanche. »

Ces phrases n’ont aucun sens si l’on essaye de les comprendre.
Elles n’ont aucun sens.
La compréhension intellectuelle est surestimée.

La vie est tellement vaste, interconnectée, synchronisée et riche qu’elle ne peut en aucun cas être enfermée dans une boîte. Pardonnez mon langage, mais au diable les boîtes. Jetez ces vieilles conneries à la poubelle et embrassez l’infini de la vie.

J’ai consacré ma vie à la musique et, si nécessaire, je peux expliquer en détail pourquoi je le fais. Mais cela n’est venu qu’en réponse à l’ennuyeuse et vieille question tenace : « Quel est ton vrai métier ? »

J’ai appris à réagir avec compassion face à une personne déconcertée par le fait que quelqu’un puisse consacrer sa vie à autre chose qu’à l’argent.
L’ignorance doit être traitée avec soin et beaucoup de tact. Nous pouvons soit l’aider à s’épanouir en sagesse, soit la laisser devenir virulente. Là où elle peut nous mordre de manière assez agressive.

L’ignorance est comme un animal blessé, effrayé et stressé qui cherche à survivre.
La compassion l’emporte sur toutes les autres voies.

Tout cela pour dire qu’en vérité, la musique est un tel mystère pour moi que je n’y comprends absolument rien. À ce stade de mon parcours, la musique et la vie ne font qu’un.
Et bon sang que cette rivière est profonde et large !

Bon, je vais arrêter mes divagations pour l’instant.
Je suis sûr que vous avez des endroits où aller.

Bobcat « L’ignorant » drop le mic et quitte le stage.

N.9 Chasseurs de fil

L’écriture, c’est comme un retour à l’école.
Par contre, le professeur apparaît soudainement dans le silence, transmet sa sagesse puis s’évapore aussitôt dans le vide.

Du moins, c’est ça mon expérience.

J’approche l’écriture tout comme j’appréhende la musique: j’entre dans un état de présence avec curiosité et ouverture. Je pars ensuite à la recherche du premier filon.
Une fois localisé, je tire.

J’ai lu une phrase dans un livre nommé ‘’The lion tracker’s guide to life’’ qui va comme suit: ‘’Je n’ai aucune idée où je m’en vais, mais je sais exactement comment m’y rendre’’

J’trouve que ça illustre le point avec clarté.

J’me rappelle, il y a des années de ça, à composer de la musique avec mon ami Alex.
À partir dans des états frénétiques de créativité. On jouait la chanson encore et encore, un ajustement ici, un ajout par là, en suivant la ficelle créatrice sans jugement et sans peur.
L’aventure pouvait devenir très rapide et vraiment amusante.

À la racine du procédé créatif, il se trouve la capacité d’attention
Le plus d’attention que l’on peut porter et soutenir, le plus fort le courant créatif sera.

En d’autres termes, le plus profond que l’on peut voir, toucher, goûter, sentir et ressentir, le plus d’informations est disponible à être utilisé.

As tu déjà été dans une situation à être incapable de trouver une solution pour ensuite partager le problème à un ami, qui elle, en quelques secondes trouve la réponse?

L’évidence se cache face à un esprit momentanément obtus.

L’art me fait errer vers la vie
Et la vie vers l’art
Je réfléchis à comment appliquer des concepts créatifs acquis par expérience de retour dans la vie de tous les jours.

En termes concis: comment suivre le fil.

J’en ai fait plusieurs expériences.
Même si je ne possède pas un aussi grand bravado dans ma vie qu’en musique, il y a sans équivoque une présence très similaire à l’art.

Je n’ai qu’à me familiariser avec le langage un peu plus.
Prendre actions
Être sans peur d’échouer
Apprendre plus possible
et, par-dessus tout, être joueur.

C’est l’approche qui m’a rendu au niveau de pouvoir improviser en musique pendant des heures. Je suis certain que ça va fonctionner dans ma vie de tous les jours aussi.

la découverte!!