La fiesta était ici la nuit dernière.
À ce que j’en remarque avec ce qui m’entoure, elle y est à tous les soirs
La table sur laquelle j’écris est à moitié calcinée mais si elle tient encore debout, ça comble mes besoins. C’est difficile d’écrire accroupie, comme le font les indiens.

Et voilà, en plus d’oublier mon chapeau dans l’avion,
j’ai laissé mes souliers dans ma chambre.
Il est tôt ais-je pensé.
Je n’en aurai pas l’utilité que j’me suis dit.
Le sol ne sera pas si brûlant le matin.
Je suis sur le point de payer le prix de mon ignorance.
À l’instant où le soleil dévore tout restant d’ombre, je suis assis dans le dernier bastion de pénombre. Mon regard s’aventure au loin en direction du sable torride et je sais;
Je devrai traverser cette vallée de la mort très bientôt.

Les chiens par ici sont bien sympathiques, les hippies sont des hippies, les moustiques ne sont pas agressifs et je suis bon ami avec un chat. J’aime bien cet endroit!
Lorsque j’aperçois, au loin, un canin chier sur la plage, je prends note de sa localisation.
Et puis, une histoire me vient à l’esprit.
Ok, écoute ça.
Il y a une plage au sable noir. Le sable est magnétique.
Si tu passes un aimant aux travers, le sol bouge et tu t’émerveille à la simplicité de la vie.
En me racontant l’histoire, mon amie mentionne qu’un habitant de la région lui a indiqué en demandant, à moitié en plaisanterie; ‘’Ne le dit pas aux blancs’’
As-tu déjà visité un endroit que tu pourrais sans équivoque baptiser ‘’paradis’’?
Pour y retourner des années plus tard et constater que l’esprit du lieu a été saccagé par le développement touristique et l’embourgeoisement?
Moi oui.
Je n’ai pas dû voyager bien loin pour le voir.
En toute honnêteté, je suis heureux que les habitants de cet endroit puissent créer des entreprises et prospérer. Par contre, j’ai l’impression que la plupart des auberges appartiennent à des ‘’étrangers’’.
Mais en vérité, je ne sais pas.
C’est un sujet complexe pour des esprits compliqués. Je laisse à des gens plus sages que moi le soin de démêler tout ça.
En ce qui me concerne, je préfère marcher doucement avec humilité partout où je vais, remercier abondamment, me mêler à la culture locale et, surtout, de ne jamais aller proverbialement chier sur la plage.

