Chroniques du Dimanche n.82 Tel un levé de soleil en bord de mer

L’autre jour sur mon balcon, à imbiber le soleil printanier tout en étant caressé par un vent frisquet, une révélation m’est apparue.

Toute chose est un enseignant.
Chaque situation, personne rencontrée, objet, paysage, émotions, pensées et tout le reste, recèle en sa racine, une leçon prête à être dévoilée.

Il faut simplement porter attention au moment présent et exprimer le mot de passe qui ouvre toutes les portes: Merci!

J’avais tendance à croire que je devais travailler toujours plus fort.
Mais peu importe avec quelle intensité et force j’appliquais, je n’arrivais jamais réellement là où je voulais être.

Par chance d’y arriver, j’y étais à la fin de mon énergie.
Incapable de profiter des fruits de mon labeur.

J’ai grandis dans une société construite sur la compétition et le combat

Eux contre nous
Gagnants et perdants

Être incessamment jugé si l’on a assez de valeur pour passer au niveau suivant.
Devoir demeurer assis des heures durant à se gaver d’informations pour ensuite vomir le tout sur une feuille d’examen.

Extirpé hors de nous même la majorité de notre jeunesse dans le but de payer tribut à une machine sans âme hors de contrôle.

Quelques un-es d’entre nous en. ressortent blessé
Quelques un-es d’entre nous se désaccordent
Quelques un-es d’entre nous se dissocient
Quelques un-es d’entre nous prospèrent
Quelques un-es d’entre nous restent perdues dans le brouillard le restant de leur vie.

L’homme que je suis aujourd’hui sait.
Chaque chose est un enseignant
Tout peut être utilisé pour grandir et évoluer
Personne ne peut décider comment je suis en moi-même.
Je dois donner ma permission.

Ma vie est mienne.
Je suis libre.

Et toi aussi.

C’est par la présence authentique et la douceur de simplement être que les chaînes les plus solides s’évaporent. Le chemin n’est pas sans embûches mais le voyage vers la vraie liberté est l’un des plus grands cadeaux que l’on s’offre à soi et que l’on partage naturellement par la suite.

Rien en ce chemin n’est parfait mais par l’acceptation de ce qui est, de ce que l’on peut changer, et de ce que l’on ne peut changer, la clarté peut ainsi fleurir aussi intensément qu’un levé de soleil en bord de mer.

Bon Dimanche mon ami-e!

N.19 ‘’Les surprenantes vertus d’un pauvre musulman au coeur plus grand que l’ocean indien.


On s’est rencontrés dans un coin de rue par pur hasard, il y a deux mois environ. Tant de circonstances on dû coopérer pour que les étoiles s’alignent et qu’on soit au même endroit, au même moment. La chance n’a rien à voir.

C’était le destin, j’en suis persuadé.

Notre amitié se renforce à chaque jour qui passe. En sa compagnie, je gagne en dignité et souveraineté personnelle. Abdul, un ancien docteur ayurvédique pauvre comme un clou rouillé de fonds de tiroir mais tant de richesses émanent de cet homme, j’en suis perpétuellement surpris.

Un sourire montant jusqu’aux yeux, constamment droit et bienveillant, il n’y en a pas deux comme lui. Tout le monde le connaît. Ils disent tous que c’est un homme vénérable au grand cœur. Toujours joyeux de rendre service.

Un mala à la main, la prière jamais bien loin de ses lèvres, il est d’une telle foi envers Dieu que cela en est contagieux.

On s’lance des ‘’Incha Allah’’ et des ‘’Devam anigrèykète’’ à tout bout de champ.
‘’au rythme de dieu et que dieu te bénisse’’

L’autre jour, il m’a montré du pays. Le premier jour, on a marché pendant 7 heures.
Enfin de l’exercice digne de ce nom! Je l’attendais celui-là.

Rendu à Kovalam beach, une prière à moi fût exaucée: Un vrai double espresso.
C’est dur à décrire l’effet d’un double expresso dans un corps sans café depuis 2 mois.
Comme si mon corps et esprit étaient alignés parfaitement tout en étant alimentés par du 35 000 volts.

J’ai pas pu me retenir, j’ai sorti mon banjo et joué pendant une heure et demi sans m’arrêter. Et ce, devant une plage magnifique, bercé par l’air salin et le son des vagues.

Le paradis.

La sœur d’Abdul est propriétaire d’une maison à la montagne avec vue sur mer. Elle ne fût jamais terminée d’être construite et laissée à l’abandon. Moi et Abdul on va y mettre une toilette, une douche et une chambre. La maison sera mienne pendant mon temps ici.

Y’a de ces rencontres qui nous changent, qui nous ne laisseront pas être l’ancien et nous propulsent vers un autre niveau de souveraineté et de liberté personnelle.

Ma rencontre d’Abdul en est une comme ça.

La bonté, la générosité et l’amour inconditionnel c’est contagieux. J’en suis infecté et compte bien offrir cette fièvre à tous celles et ceux qui croiseront mon chemin.