N.26 L’amitié

Il y a peu de choses comparables à l’amitié. À la suite d’un long voyage, revenir à un endroit où les bras ouverts abondent et le courant de vie est généreux est une vraie bénédiction.

J’suis de retour à Montréal et on me demande à quel point est-ce difficile de revenir à ‘’la réalité’’. Cher ami-e, as-tu déjà enfilé un gant chaud sur tes mains froides un matin d’hiver?
Exactement comme cela.

J’ai arrêté de me construire des histoires dans ma tête. là où je suis, j’y suis.
Il n’y a pas de tension. C’est si simple.

Plusieurs d’entre nous on oublié que peu importe où l’on se retrouve, le seul endroit c’est ‘’maintenant’’. C’est ici que le party est et sera toujours. Le sentiment quasi indescriptible de n’être réellement partie m’habite. J’ai voyagé un peu partout seulement pour me retrouver en plusieurs ‘’maintenant’’

‘’Maintenant’’ ici ou ‘’maintenant’’ là-bas sont les mêmes. Comme d’être dans une bulle intemporelle, la spatialité n’est qu’un concept auquel on s’accroche par espoir de faire sens de l’expérience inexplicable que l’on nomme ‘’réalité’’

Vous m’excuserez de mon divaguâge de mots. Ne construisons pas trop d’histoires à propos de la liberté et de l’art de vivre. Il y a infiniment plus à apprendre à cuire du pain au levé du soleil que quelques mots sur une page.
Comme le dit l’expression, retournons à nos moutons: l’amitié.

Selon moi, c’est l’une des plus précieuses richesses qu’un humain peut se faire offrir.

J’ai souvent entendu dire qu’il est ardu de se trouver un vrai ami. Je n’ai jamais réellement compris ce concept. C’est comme si un fermier ne plantait qu’une maigre quantité de graines à un nombre limité de trous car il a peur que tous les autres endroits ne portent pas fruit. Naïvement, croyant récolter un jardin vaste qui englobe le champ tout entier rendu à l’automne.

En ce qui me concerne, je ne suis pas un fermier hésitant.

J’ai lancé des semences d’amitié dans les air, donné des sacs entiers d’affinité au premier regard et considéré les gens comme étant des ami-es de longue date dès le début.

La vie est trop courte pour économiser l’amour. Le jour que la faucheuse viendra cogner à notre porte, prête à nous emporter dans son taxi, peut-être regretterons nous d’avoir partager si peu.

N’as-tu pas envie de revenir chez toi pour y trouver un jardin grandiose abondant de fruits?
Ou encore mieux, n’as-tu pas le désir que les générations futures grandissent en un environnement empli de grâce?

Moi, oui.

N.17 La neige


Deux hommes adultes et une chèvre sur un scooter. Qui conduit?

Aujourd’hui marque mon premier mois en Inde. Je suis dorénavant un être mature au ventre emplis de riz et de dosas. Mes dents sont devenues sensibles dû à la quantité de sucre se retrouvant partout, dans tout, tout le temps.

Tant de gens m’ont averti du choc culturel. À quel point l’Inde est un pays de fous, de me préparer au pire. Une fois encore, une leçon vieille comme le monde fait son apparition.
N’écoute personne et va voir par toi-même. La seule chose qui m’a réellement surpris c’est la quantité de riz qu’un indien moyen est capable de manger en un seul repas.

Avant l’Inde, j’ai passé un mois et demi au Mexique. Il y a tellement de similitudes.
J’en fus surpris.

Remplace le fromage par le sucre.
Remplace les tortillas par les dosas
Remplace l’espagnol par un dialecte Indien qui m’est inconnu et voilà!
Même recette, différent continent.

Je dois mentionner. Les arts et la culture du Mexique possédaient une place plus prononcée. Du moins, de mon expérience minimale de 40 jours. Ici, en Inde du sud, je n’ai pas trouvé de musique ou d’art. Mis à part les décorations grandiose des temples, bien sûr.

Je continue de chercher mes compatriotes.
J’vous ferai signe quand je les trouverai.

Dans la catégorie ‘’nourriture et breuvages’’ de la vie, les deux possèdent d’innombrables shop de rue emplis de pâtes et farines sous diverses formes. Pour un maigre prix, tu manges comme un roi.

Dans l’importante catégorie café, le Mexique l’emporte avec une longueur d’avance considérablement non négligeable. Ce que je veux dire est que si les deux pays entraient en en compétition pour le meilleur café, l’Inde aurait manqué son réveil matin, oublié le rendez-vous de compétition et perdu lamentablement en s’enfargeant dans ses souliers.

Je sais, je n’arrête pas d’écrire à propos du café et tout. C’est parce que mon écriture est d’habitude 60% inspiration et 40% caféine.
Ça m’prends quelques minutes à m’habituer, vous m’excuserez pour l’inconvénient.

Retournons à nos moutons ou plutôt, à notre chèvre.
L’homme #1 était conducteur, l’homme #2 était à l’arrière et la chèvre dans le milieu.
La conduite à l’indienne est une science sophistiquée. C’est un grand art!

Il fait si chaud ces temps-ci de l’année, une nuit, lorsque j’écoutais un film, une scène s’est manifestée. La scène était ceci: un crépuscule froid, humide de mi-décembre. Une neige lourde tombant sur la ville.

J’en ai quasiment eu une érection intérieure.
Pour la neige.
Pour le froid.
Pour les routes glaciales qui font danser en tremblant.

Je suis réellement un homme du nord.

Considérez moi en train de fondre dans le Tamil Nadu.
Durant les plus chauds mois de l’année.

Bobcat présent pour l’aventure!