N.22 Onam avec les Locaux


Englouti dans la mer de kéralais, la parade semble être sans fin. Des guerriers kalari dansant, des vieilles dames au visage couvert de peinture, des adolescent musclés, des marionnettes de 12 pieds, plusieurs fanfares, des auto éléctriques portant d’immenses constructions de cartons sur leur dos, des régiments de l’armée et l’occasionnel personnage au regard vide qui semble être présent que pour recevoir son chèque et de retourner chez lui.

À Thiruvananthapuram, du palais kankakounè jusqu’au port de l’est, l’avenue est fermée par les autorités. Il y a plusieurs milliers de personnes de tous les âges sur le bord de la rue. Ils sont ici pour célébrer la cérémonie de clôture du dix jours du festival Onam.

Traditionnellement, Onam est issue de la célébration de la saison des récoltes, là où la nourriture est abondante et la vie est belle.

Historiquement, le festival fût créé il y a longtemps lorsque le roi Mavelli était sur le trône du Kerala. Son règne fût un temps de prospérité et de paix pour ses habitants. En ces temps-là, il n’y avait pas de système de caste et le royaume vivait dans la joie et l’harmonie.

Lorsque le roi est mort, les kéralais on décidé de lui rendre honneur une fois par an en créant le festival Onam. Certains croient que l’âme du roi Mavelli revient au Kerala à chaque année pour vérifier comment se porte son peuple. Ainsi, en hommage à Mavelli, les locaux se rassemblent pour construire des arrangements floraux, s’habillent avec classe et préparent des repas spéciaux à partager avec toute la famille. C’est une célébration grandement attendue pour les habitants du Kerala.

Un local me fait part que même si tu es pauvre, même si tu es misérable, tu te dois de marcher sur cette terre comme un roi au moins une journée par année. C’est l’essence même de Onam.

Pour ma première fois en Inde, j’ai eu le privilège de me lier d’amitié avec des gens locaux. Ce qui devait être un séjour de trois semaines au Kerala en devint trois mois.

J’ai eu la chance de rencontrer Abdul, un homme aux divers talents surprenant, au début de mon voyage. Étant docteur ayurvédique, il m’invita à faire l’expérience du Karkala; un 30 jours de cure à la médecine ayurvédique dans le but d’en ressortir plus fort et emplis de vitalité.

Un fois Onam à nos portes, il m’offre mon propre costume typiquement Onam. Je suis ainsi officiellement un homme authentique du Kerala!

Ayant appris plusieurs mots de Malayalam, je peux dorénavant m’exprimer avec confiance de manière croche dans le langage local. Comme toujours, les ‘’merci’’ et les ‘’comment vas-tu?’’ sont les premiers à être utilisés.

Je fus accueilli comme un frère. je fût inclus parmi la famille comme l’un des leurs. Je suis un homme fortuné sur une terre pleine de gens généreux emplis de bonté. À être ici au Kerala fût une leçon dans l’art de l’accueil. Mes trois derniers mois ici ont élevé le standard sur ce qu’est d’être un hôte de qualité.

Le premier jour du Onam, les arrangements floraux s’entament. Les locaux se mettent en groupe pour y mettre à profit leurs ressources et acheter autant de fleurs que possible pour ensuite construire un altar de fleurs. En marchant au gré des rues, il est possible de les visiter par vous-même.

Au courant de chaque jour, l’altar prend de l’ampleur et devient de plus en plus splendide et ce, jusqu’au dixième jour. Par la suite, prend place un rituel de destruction de l’arrangement floral par un homme possédé par un esprit. Le tout prenant part au pied d’un énorme système de son à pleine puissance.

Pour le festival Onam, le repas spécial se nomme Sadhya, servis traditionnellement sur une feuille de banane, formée d’un amalgame de différents curry servis avec du riz. Plusieurs étapes se dévoilent aux travers de repas vous laissant le ventre plein de nourriture délicieuse et d’un fort désir de faire la sieste.

Comme il semble être coutume lorsque je voyage, je me retrouve au meilleur endroit au bon moment. Je suis ainsi invité au meilleur endroit du village pour y déguster le sadhya: le Oyster Marris Homestay.

Non seulement la nourriture est digne d’un restaurant cinq étoiles mais les hôtes vous enseignent sur l’histoire et la culture typique du Kerala. L’endroit est un must pour ceux et celles de passage par la région de Thiruvananthapuram.

En allant prendre une marche suite au repas digne d’un roi obèse, je ne cesse de m’enfarger en mon dhoti, le tissus traditionnel porté au tour de la taille par les gens d’ici. Bien que le style soit sans pareil, en tant qu’étranger d’outre-mer, je suis plus apte à porter le pantalon.

Et bien voilà que mon temps du Kerala tire à sa fin. Je remercie les cadeaux venus à moi, tous les ami-es que j’ai rencontrés et toutes les aventures que j’ai vécues.

Cette année fût mon premier Onam avec les locaux et si j’ai mon mot à dire dans le dossier, ce ne sera pas mon dernier.

N.21 Ma Propre Légende

Par ici, dans le Kerala, c’est le festival Onam qui bât de son plein. D’la lumière partout comme à noël, des arrangements floraux se manifestent d’un coin de rue à l’autre et c’est l’occasion parfaite pour aller faire un tour en ville t’acheter une nouvelle robe.

Dans mon cas, j’ai invité mon ami et ses enfants à aller voir au cirque.
‘’The great Bombay circus’’ comme qui disent.

C’était comme un retour dans le passé des vieux carnavals d’un temps jadis: des clowns pas très drôles, des nains qui visiblement veulent juste aller se fumer des clopes dehors, quelques acrobaties vraiment cool et du marketing agressif du côté bouffe et boisson.


Il faut bien qu’il se finance ce cirque là alors les propositions de manger et boire coulent à flot. Une vraie leçon de business pour toute la famille!

L’autre jour, j’ai eu une réalisation profonde.
J’vais tenter de mettre ça en mot pour toi ma chère lecteur.

C’est le matin. J’viens de terminer ma session de yoga sur le toit de la maison où j’ai élu demeure. La vue est à couper le souffle. On y aperçoit la mer en bas de la montagne, j’suis entouré de cocotiers et d’oiseaux volant. Le ciel englobe le tout avec brio.

J’ouvre les yeux et devant moi il y a la chaise brune en plastique. J’me mets à penser ‘’esti, la chaise gâche la vue’’ et j’me sens légèrement frustré.

Et puis soudain, en une fraction de seconde je prends conscience de l’absurdité de la situation: je suis à un endroit paradisiaque, le vent me caresse le corps et l’odeur de mer influe mes narines. C’est totalement absurde de considérer qu’une simple chaise de plastique puisse ‘’gâcher’’ l’expérience.

L’apparente absurdité de conclure que la vue est amoindrie à cause d’une chaise me fait soudainement rire très fort.

Je prends conscience que d’influer une histoire à la réalité de l’instant est un choix personnel que l’on fait et que j’ai choisi l’histoire médiocre de la chaise qui me gâche l’expérience grandiose d’être en vie au paradis. Je rie à la petitesse de mon esprit.

La vie suit son chemin. l’histoire qu’on lui attribue est 100% optionnelle.


En gros, mon voyage est une reconsidération de l’histoire que j’me raconte en chaque instant. J’suis tombé sur de vieux contes poussiéreux qui méritaient d’être nettoyés et je refais donc l’écriture de ma propre légende de manière plus consciente.

En tout cas mon ami-e, j’espère que ta légende à toi est belle et surprenante!

À bientôt!