N.35 Le feu de nos Trippes

Il n’y a pas de bon ou mauvais artiste.
On s’exprime.
On se laisse aller. On ne se juge pas.
On célèbre la liberté qui est la nôtre.
On chante pour la vie qui nous insuffle l’énergie viscérale qui nous active.

On n’est pas ici pour bien longtemps.
Les blocages, on les brise. Faut pas se laisser abattre.
La force qui nous habite est plus forte que tous les conditionnements.

On vit dans une société de fou. On est colonial et colonisé. Nous sommes modelés par un système oppressif et diminutif du potentiel de l’âme humaine. Alors on prend tout ce que l’on nous a donné, imposé et violemment inculqué pour le digérer dans le feu intarissable de nos tripes. On le recrache vers le monde une expression artistique à la fois.

On brise nos chaînes puis on aide les autres à se libérer eux aussi.
On change le monde une action à la fois.

Ce que l’on dit, ce que l’on fait, comment on le fait et pourquoi on le fait est primordial.
L’évolution d’une race gangrenée par un esprit de guerre et de division se passe inévitablement par la prise de conscience de nos gestes quotidiens.

Il ne faut pas sous-estimer l’impact de nos actions.
La bienveillance vaincra tous les despotes de ce bas monde.
L’entraide réduira nos systèmes oppressants en cendres.

Le chemin est sans fin.
C’est à nous de laisser un monde meilleur à notre sortie.
Il reviendra aux générations futures de prendre le flambeau.

Et puis quand le paradis sera réel dans l’esprit et dans le cœur de tous les êtres de cette planète, une autre montagne se présentera à nous. Il n’y a pas de finalité.
La vie coule et s’expanse peu importe.

Lorsque la maturité entre jusque dans nos os, se mettre au travail pour un monde plus compatissant, plus humoristique et plus authentique est une évidence.
Il faut planter des arbres tout en sachant que nous ne pourrons peut-être jamais nous prélasser sous leurs ombres.

C’est ça pour moi être un artiste.
C’est ça selon moi être en vie.

N.32 La Danse, les Tables et le Leadership

Un de ces dimanches, moi et quelques ami-es allons aider notre copain Phantom pour son événement de danse, le Tribes War 5.

On y fait le montage, démontage, captation vidéo et photographie.
C’est moi le photographe.

La danse offre un nouveau défi que j’apprécie. Le mouvement dynamique me pousse dans l’instant présent pour y capturer le ‘’perfect shot’’.

L’événement commence avec la catégorie enfant.
La plupart sont des élèves de danse de Phantom.

L’ambiance est familiale et sans jugement.
Les enfants se découvrent devant public et font preuve de courage pour ce qui est, pour la plupart d’entre eux, leur première danse battle.

La musique joue à fond et Phantom anime.
Une petite fille s’élance sur le parquet, elle se tortille et exécute des moves de brukup.

Au micro, Phantom dit:
‘’Yeah! let’s go! C’est ton corps. C’est ta musique’’

Le moment m’est resté gravé en mémoire.
Une phrase si simple.
Un exemple de leadership positif qui redonne le pouvoir aux enfants.
Ça m’a touché.

C’est le genre d’action dont notre monde a besoin. Il en est assoiffé.
On veut tous être libres.
On veut toutes être vues et acceptées
On veut tous s’épanouir dans un environnement sain et accueillant.

La plupart d’entre nous ne l’avons pas eu en grandissant, ce monde-là.

Par contre, on peut l’offrir aux autres qui suivront la danse.
C’est un choix que l’on peut faire.

Peut-être que dans l’fonds, la vraie richesse est celle que l’on donne librement.
Une sorte d’énergie que l’on ne peut accumuler mais qui foisonne plus on la donne à autrui.

C’est cette abondance là qui m’intéresse réellement.

L’impact que l’on a sur notre environnement est surprenant.
Aucun d’entre nous n’est une île déserte au milieu de la mer.
Nous sommes interconnectés l’une à l’autre que l’on ne le sache ou pas.

J’en suis à un point dans ma vie où je décide de nourrir ce qui m’entoure avec de la joie, de l’acceptation, de la compassion et de l’amour.

En termes de richesse partageable, j’ai l’honneur et la gratitude de me considérer comme un homme riche.

Tout cela me rappelle une histoire qu’un bon ami m’a raconté, un jour, après une gig.
Elle va comme suit:

‘’J’étais aux États-Unis pour le skate et l’un de mes bros était un DJ connu dans la région.
Il donnait des cours de DJ aux jeunes du coin.

Un soir, au club, l’endroit était rempli et mon ami était le headliner.

Pendant son DJ set, il donne momentanément les reines à son élève pour qu’il y fasse quelques beats et qu’il prenne de l’expérience. Il vient nous rejoindre sur le côté du stage en attendant.

On chill et un gars lui demande ‘’ t’as pas peur qu’il vole ton crowd? Tout l’monde dans la salle est venu pour toi, tu devrais en profiter, non?’’

Mon ami headliner lui réponds:
‘’Il y a assez de nourriture pour tout l’monde sur la table’’

Parfois, les phrases les plus simples sont celles qui ont le plus d’impact.

‘’Il y a assez de nourriture pour tout l’monde sur de la table’’
‘’C’est ton corps, c’est ta musique’’

Merci du leadership positif les amis!
Je ferai de mon mieu pour redonner de votre richesse
AHO!

N.31 Dans la Bouche de Vivre

Il y’en a, qu’après une longue journée, ils s’en retournent chez eux devant la télé.
Nous, on va dans une chapelle y faire un rituel de danse et musique contemporaine.
À chacun sa vie.

Je complémente les voltiges de bras de Mathie par mon jeu de guitare atonale.
C’est une question de dynamique, de ton et de rythme. Les notes c’est pas si important.

Rafa claque les prie dieu par terre avec ferveur, je traîne une chaise par terre pour son grincement de qualité et Alex balance du noise. Christian crie dans son snare.
Le rythme est optionnel.

Les danseuses s’échangent l’espace et les histoires temporaires exprimées sans mots.
Les chorégraphies scriptées sont non-existantes.

C’est la liberté.

Sans jugements ou d’arrières pensées, l’on s’éclate à s’inspirer les uns des autres.
Pour l’instant de cette soirée, il n’y a aucune limite créative.

C’est une célébration de notre liberté fondamentale.
Le temps disparaît dans un torrentiel sonore et corporel.

À la première édition, j’y suis photographe. L’endroit parfait pour expérimenter et me laisser porter par l’inspiration du moment.

À la deuxième, je suis debouts sur l’un des bancs de messe. Guitare en main, je m’inspire de mouvements impromptu qui se déroulent dans mon champ de vision.

Une pensée me traverse. ‘’Il me semble que je ferais ça de ma vie, ça me rend heureux.’’
C’est tellement le genre de chose que j’adore faire, je ne pourrais faire ça ailleurs qu’ici à Montréal, ville d’artistes.
Eh bien! C’est exactement ça que je fais avec des gens que j’aime.
La vie est bien faite!


Bon endroit, bon moment, bonne équipe.

Le tout dans une chapelle devenue centre où divers organismes sociaux, artistiques et culturels y ont élu domicile.

Il y a de ces richesses qui ne sont pas tangibles.
Ce n’est pas avec de l’art expérimental que je pourrai m’acheter une maison en bord de mer mais cela remplit mon cœur d’une joie qui rend tout le reste obsolète, pour l’instant.

Ah que c’est bon d’être en vie!

L’autre jour, durant une quête littéraire à la bibliothèque nationale, je tombe par hasard sur un stand de ce nom: ‘’Parlez à un vieux pour 25 cents’’

Un vieux bonhomme aux cheveux grisonnants y est assis.
Nos regards se croisent.

‘’C’est quoi ça? que j’demande

‘’Et bien, assieds toi et j’te dirai’’ qu’il me réponds

Il me demande de lui poser n’importe quelle question.

‘’C’est quoi ton nom?’’
‘’Hervey, et toi?’’
‘’Simon’’

On discute de tout et de rien puis je lui demande qui il est, de quoi s’est nourrit son existence, en terme général. Hervey à 77 ans, il a 3 enfants et s’entraîne régulièrement.
Il est marié depuis 48 ans.

48 ans…

Et moi qui n’ai jamais eu une relation intime de plus de 9 mois. Ma curiosité me poussa à lui demander: ‘’Qu’est-ce que ça prends pour garder une relation intime saine pendant 48 ans?’’

‘’Il faut avoir 3 vies. La mienne, la sienne et la nôtre’’

Il m’explique qu’il doit y avoir assez de similitudes et de différences pour que la relation reste pétillante au travers des années.

Lui, adore le sport depuis son jeune âge, elle vient de commencer le gym, à 77 ans.

Lui, aime le social
Elle, préfère les livres.

Les deux sont passionnés de cuisine.
Les deux étaient parents à leur première rencontre.

Il ne faut pas avoir peur d’essayer de se tromper et d’apprendre, qu’il me dit.
Ça garde en forme et bienheureux que d’être en constant apprentissage.

Suite à notre discussion, je mets un dollar dans le pot de 25 cennes et je dit:
‘’Tiens, je paye pour le prochain’’

‘’Ça s’est une des plus belles choses à faire. La vie est faite telle que lorsque l’on rend service, ou que l’on donne sans conditions, il est inévitable que l’on reçoive le balan d’une manière ou d’une autre.
Ça ne vient pas toujours d’ où on pense. J’ai fait ça toute ma vie, payer pour mon prochain et rendre service sans compter et ma vie fût d’une beauté et d’une richesse inestimable.

‘’Merci Hervey, j’avais besoin d’entendre ça aujourd’hui’’

Je me lève de mon siège.
Je lui sers la main et continue mon chemin avec le sourire au cœur.

N.29 Montréal la nuit

C’est la saison froide qui s’entame.
Le crépuscule est à 16h.

C’est le temps de l’année parfait pour les vampires et les amateurs de night life qui travaillent le lendemain: la nuit est à 18h.
Par contre, le show commence à 9h. C’est juste dommage pour ton sommeil.


Le son unique du Bonze trio donne les jiggers comme un trop plein de café.
D’un flu créatif incommensurable, le band mélange le jazz, drum n’ bass, funk, musique moderne et le rock coulant.

Un trio qui, comme on dit dans la langue de ma bouche, ‘’tire en tabarnak’’.
Essayer de compter à s’en arracher les cheveux, les signatures de temps s’enfilent et je ne peux rien faire d’autre que de m’abandonner à la sauvagerie sonore de haute voltige.

Montréal la nuit, c’est un monde où tout est possible.
Si le band est bon, tu voyages d’en travers l’univers pour 20 piasses.

Le Bonze trio, c’est non seulement des musiciens universitaires sans pareil qui s’lancent la balle musicale l’un à l’autre mais aussi de grands amis. Ça se sait aux jokes qui meublent avec brio les crevasses d’entre tounes.

Lorsque l’hiver bât son plein, il faut braver le froid, la slosh et la fatigue saisonnière pour se rendre à la salle de spectacle. Tu hésites à rester chez toi mais une fois placé, tu ne le regrettes pas.

La vie, c’est court et je compte bien récolter les fruits de ma culture Montréalaise artistique.
Sans nos artistes, la night life montréalaise se résume à ‘’meh’’. Sans le public avec lequel partager leurs passions, aussi bien rester dans son jam space à jammer entre ami-es.


N’oubliez pas d’aller encourager et de profiter de ce qui se trame d’entre les murs de nos salles de spectacles après que le soleil ait tiré sa révérence.

Si tu hésites à sortir, fais comme nos artistes en hiver: tu dormiras en février.
Sauf si t’es à l’université; là tu dors jamais mais ça, c’est une autre histoire.

Veuillez m’excuser un instant, je dois délaisser le crayon en échange d’une danse enivrante et nerveuse aux sons du drum n’ bass qui se trame derrière moi.

Je reviens, attendez moi!

Et bien c’qui devait se passer arriva.
À force de danser, on oublie d’écrire.
Qu’est-ce qu’on fait dans ces cas-là?
On retourne danser le lendemain.

D’un univers à un autre, je me retrouve dans une transe africaine avec le dj Afrofoly et de Gotta Lago aux percussions.

Au conservatoire de musique de Montréal, j’me retrouve à une soirée de danse extatique. Appareil photo et crayon sont mes laissez- passer de la ville culturelle de nuit montréalaise.

Entre deux mouvements de danse bien rigides, je dégaine mon appareil et capture le feu de l’action. Ce soir, je suis le cowboy de la photo!

Du balafon aux chants africain en passant par le beat solidement moderne,
c’est un mélange des âges qui s’opère.

De jadis à aujourd’hui, c’est en compagnie de la danse que l’on retrouve la musique.
Elle est la parfaite ambassadrice de la transe.

C’est plus facile de partir loin lorsqu’un rythme nous tient bien enraciné.
C’est comme un arbre. Plus il est grand vers le ciel, plus il se répand dans le sol.

Plus la musique est bonne
Plus la danse s’enflamme.

Bon, et bien voilà. Vous devrez m’excuser, je dois encore une fois délaisser le crayon et vous laisser vaquer à vos occupations. Parfois,suite à une session de danse un samedi soir rendu 23h, le meilleur show en ville c’est d’aller dormir chez soi.

Ciao amigos!

N.6 Le Moine Cowboy

J’pas venu ici pour réinventer la roue.
Lorsque mon amie ma dit: ‘’ on s’en vas à la plage nudiste’’
J’ai acquiescé puis je n’ai pas prévu de maillot.

Et bien me v’là, les fesse à l’air dans le sable chaud.
Jamais auparavant dans ma vie, ais-je vue autant de couilles.
Bon… Ainsi va la vie!

Maintenant que je mets mes lunettes, il y a à peu près 40 personnes sur la plage, 37 sont des hommes. La représentation équitable des sexe a pris le bord. La plage aurait pu s’appeler ‘’la terre de la palourde royale’’

ou encore mieux: ‘’Des souris et des hommes’’

Ok, ok. j’arrête les jokes de queues, on a tous les 2 de meilleures choses à faire.

Flash forward 3 heures plus tard.
On est dans une danse extatique dans une auberge de jeunesse.
Il y a un jacuzzi, un sauna, de la musique forte et plein de belles gensses.

On y est entré à la manière du cowboy paumé: Tu marches vite en entrant par la porte principale, t’agis comme si la place t’appartient et voilà!

Party gratiss

À prendre le temps de bien observer, je vois les mêmes types de personnes d’ où je viens mais dans des corps différents. Oui, chacun possède sa propre saveur mais le plat principal est le même.

J’me dit qu’on ne peut pas réinventer la roue: le monde veut danser, rire et baiser.

J’peux comprendre ça.

Malgré avoir eu mes moments, mes années de party sont depuis longtemps évaporées.
J’ai toujours été plus moine que rockstar, de toute façon.
J’préfère prendre un café entre amis l’ après- midi et regarder les étoiles le soir.

Il y a un silence à l’intérieur. Il grandit.
Je ne sais pas où cela va me mener.
Vu qu’on est ami, j’vais être transparent avec toi.

Ça m’fait un peu peur.
J’connais pas le chemin du retour.

T’es tu déjà retrouvé dans un espace intérieur
sans couleur
sans jugement
sans préférence
Aucune pensée?

C’t’endroit la m’appel.

Je sais pas pourquoi, peut-être la liberté de la chose, peut-être par curiosité.

Quand j’y reste pour un certain temps, le monde entier devient le même.
C’est difficile de mettre en mot mais j’vais essayer de peindre une image.

La femme magnifique pis le vieux bum au coin de la rue?
Je ne vois plus de différence
Ma mère ou un étranger?
Chacun mérite tout autant de respect l’un que l’autre

En vérité, je crois être partit voyagé pour plonger pleinement dans cet endroit.
Pour voir où ça va mener.

En tout cas, excuse moi, je me suis laissé emporté un peu.

J’suis présentement voûté au-dessus de mon cahier d’écriture à un party.
Peut-être que ça serait le temps d’aller saupoudrer un peu de rockstar sur ce moine la.
Pour équilibrer les choses.

À plus amigos!