N.25 L’énigme du retour

Et bien voilà! La conclusion d’un grand voyage s’actualise dans une atmosphère de temporalité fluctuante. Comme si je n’étais jamais parti, je me retrouve aux mêmes endroits en n’étant plus le même. Un regard neuf et une optionalité de choix libéré de tous concepts anciens m’accompagnent.

Je redécouvre le quotidien d’ici.

La même goutte d’eau du robinet de mon ancien appartement, les innombrables travaux de rues et les mêmes passants aux regards fuyant à la vue de mon grand sourire.

Je ne sais plus trop ce que j’ai fait pour cela, mais je reviens à Montréal dans un océan d’amour. L’on m’accueil tel un grand invité et l’on me séduit à me remettre à la vie culturelle d’ici.

Les amitiés qui foisonnent en ma vie sont la plus grande des richesses qu’un homme peut recevoir. J’en suis réellement touché.

Je reviens en ville pour y retrouver un vaste jardin d’abondance. Je n’ai plus souvenir d’y avoir planté autant de fleurs, peut-être se sont elles semées par elle même?

Il est particulier de se promener dans les rues d’une Montréal d’automne pour y plonger en son atmosphère. Je joue au jeu de sourire, saluer et regarder dans les yeux.

Les passants semblent fatigués et malaisés du sourire d’un étranger comme moi.
J’ai espoir de trouver réciprocité de joie dans les prochains jours.

Je me retrouve donc en ma ville, dans ma culture québécoise à danser le tango avec le mystère de ce qui se présentera à moi en tant que nouvelle vie. J’ai tant d’ami-es à revoir qu’il m’en prendra plus d’un mois pour y arriver.

Mon voyage m’a apporté cet aspect que dorénavant, je choisis la joie en mon cœur peu importe ce qui se présente à l’extérieur de moi.

Nous avons cette liberté de choisir notre œuvre interne et d’accorder ou non un sens aux événements de nos vies. L’expérience humaine est une argile malléable que l’on peut modeler selon nos actions.

Avec cette liberté qui m’habite, j’écris sur le balcon à la chaleur du soleil matinal.
Me voilà de retour dans le quotidien d’ici.
Je prends un grande inspiration et puis j’me dit:

‘’Ah qu’il fait bon vivre!’’

N.10 La ville du rêve

L’endroit feel comme un rêve.
Comme si, lentement, on m’apportait dans un état de transe.
Il y a une spatialité particulière ici.
Très large et vaporeuse

J’me sens ralentir
Je dors comme une roche
J’comprends maintenant les gens qui m’ont dit que leur expérience de la temporalité est hors du commun. Les mois passent sans qu’on s’en rende compte.

Des rêves des plus étranges me sont venus, étant ici.
C’est pas surprenant que c’est la terre de médecine des champignons par ici.
J’ressens quasiment leurs esprits qui me font signe de retourner à l’intérieur de moi.
Ils me rotissent tendrement vers un état réceptif.

Bien que mes années de recherches interne par les psychédéliques soient loin derrière moi, je comprends pourquoi c’est ici l’endroit où le faire.

J’ai l’impression d’avoir constamment une jambe dans le monde et une dans le rêve.
Et ce, par ma simple présence ici.

Y’a une attitude redneck que j’aime bien aussi
Les locaux brûlent des vidanges, élèvent des animaux et construisent des maisons
Une vraie vie simple et honnête

Tout l’monde se dit bonjour au passage, sans être trop imposant l’un à l’autre.
L’espace personnel est respecté
Ça m’rappel la campagne où j’ai grandis

J’aime ça ici.

Pendant que la musique d’Alpha Mist me berce vers les frissons, au café du coin, je cogite à propos de mes choix. J’examine ma relation à l’intimité. Ça fait un temps que ça m’traîne en tête. Je veux changer mon expérience de la chose.

Tu vois, j’suis un gars ben ouvert, mais pour quelle raison quand vient le temps pour l’intimité, j’ai tendance à hésiter. Je perds la connexion avec mes désirs pis j’me sent perdu face à ce que je veux vraiment et de comment m’y prendre.

Peut-être c’est une vieille réaction semi-consciente qui ressort d’un trop de fois le coeur brisé ou une sorte de peur du rejet. Ça n’a pas de sens de s’emmurer hors de l’expérience humaine de l’intimité, non?

Récemment, j’ai pris la décision de considérer ma vie du point de vue de la souveraineté personnelle et de l’humour.

Je prends la responsabilité de mes actions, prêt à m’ajuster et me réaligner au besoin.
J’approche la vie avec la légèreté de l’être.

Notre existence humaine est une danse entre la perfection et l’imparfait.
À prime abord, il y a toujours de la place pour rendre les situations meilleures mais la toile de fond de l’immaculé, jamais ne s’en va.

Les deux dansent main à main en direction d’une acceptation profonde de la nature du changement. Ce n’est que du jeux. Rien de trop sérieux en fin de compte.

Et bien voilà, je finis mon deuxième espresso. J’suis allumé comme une centrale électrique et prêt à bouger. C’est l’temps que j’aille me trouver un vélo et de partir à la découverte du village.

Hasta la proxima, amigos!