N.19 ‘’Les surprenantes vertus d’un pauvre musulman au coeur plus grand que l’ocean indien.


On s’est rencontrés dans un coin de rue par pur hasard, il y a deux mois environ. Tant de circonstances on dû coopérer pour que les étoiles s’alignent et qu’on soit au même endroit, au même moment. La chance n’a rien à voir.

C’était le destin, j’en suis persuadé.

Notre amitié se renforce à chaque jour qui passe. En sa compagnie, je gagne en dignité et souveraineté personnelle. Abdul, un ancien docteur ayurvédique pauvre comme un clou rouillé de fonds de tiroir mais tant de richesses émanent de cet homme, j’en suis perpétuellement surpris.

Un sourire montant jusqu’aux yeux, constamment droit et bienveillant, il n’y en a pas deux comme lui. Tout le monde le connaît. Ils disent tous que c’est un homme vénérable au grand cœur. Toujours joyeux de rendre service.

Un mala à la main, la prière jamais bien loin de ses lèvres, il est d’une telle foi envers Dieu que cela en est contagieux.

On s’lance des ‘’Incha Allah’’ et des ‘’Devam anigrèykète’’ à tout bout de champ.
‘’au rythme de dieu et que dieu te bénisse’’

L’autre jour, il m’a montré du pays. Le premier jour, on a marché pendant 7 heures.
Enfin de l’exercice digne de ce nom! Je l’attendais celui-là.

Rendu à Kovalam beach, une prière à moi fût exaucée: Un vrai double espresso.
C’est dur à décrire l’effet d’un double expresso dans un corps sans café depuis 2 mois.
Comme si mon corps et esprit étaient alignés parfaitement tout en étant alimentés par du 35 000 volts.

J’ai pas pu me retenir, j’ai sorti mon banjo et joué pendant une heure et demi sans m’arrêter. Et ce, devant une plage magnifique, bercé par l’air salin et le son des vagues.

Le paradis.

La sœur d’Abdul est propriétaire d’une maison à la montagne avec vue sur mer. Elle ne fût jamais terminée d’être construite et laissée à l’abandon. Moi et Abdul on va y mettre une toilette, une douche et une chambre. La maison sera mienne pendant mon temps ici.

Y’a de ces rencontres qui nous changent, qui nous ne laisseront pas être l’ancien et nous propulsent vers un autre niveau de souveraineté et de liberté personnelle.

Ma rencontre d’Abdul en est une comme ça.

La bonté, la générosité et l’amour inconditionnel c’est contagieux. J’en suis infecté et compte bien offrir cette fièvre à tous celles et ceux qui croiseront mon chemin.

Pour Félix n.3

*Attention* Cette chronique est spécialement écrite de manière plus trash.
Moi et Félix c’est comme ça que ça se passe.

Ok bro, j’suis en train de boire le café le plus léger ever.
C’est tellement décevant que j’ai décidé de t’écrire.

Pour ceuzes qui savent pas, moi et Félix on boit que du café trop fort.
Sinon, ça finit d’in vidanges.

Bref, j’reviens des montagnes. j’étais dans un village du nom de San Mateo.
T’aurais aimé ça. le vrai silence de campagne, des gens sympathiques pis une p’tite attitude redneck séduisante; ça brûle les vidanges par icitte.

Y’avait des endroits qu’on appelle une ‘’comida’’. Un genre de resto d’un habitant local.

Tu te pointes, la personne te dit ce qu’elle peut te cuisiner selon ses ingrédients du moment,
tu comprends à peu près 7% de c’qui s’dit parce que t’as commencé à apprendre l’espagnol y’a 3 semaine faque tu dit ‘’si’’ pis ‘’gracias’’ assez de fois pour que la bouffe arrive.

Tu manges. C’est délicieux.
Tu dit encore ‘’gracias’’
Tu payes
Pis that’s it.

Aujourd’hui, j’pars à la recherche d’un chapeau de cowboy, ça fait 2 que je perds.
Ma en profiter pour trouver du café calissement trop fort parce qu’en ce moment;
c’est inacceptable.

C’est étrange d’arriver dans une ville où y’a du trafic pis des quêteux.
Après le silence infini des montagnes, c’est un changement drastique.
J’ai dépensé plus en une soirée ici qu’une semaine dans les montagnes.
Laisse moi ben t’dire que j’vais aller voir ailleurs si j’y suis!

Mais en tout cas, y’a de l’art icitte c’est pas croyable.
Des maisons colorées, peinturées à grandeur.
Y’a d’la galerie d’art au pied carré.
Un Bobcat se promène pis y prend son temps.

Bon. Faque j’suis sortie de la ville, finalement.
Ça m’a pris 3 heures à trouver le bon colectivo
En plein soleil de midi,
dans un marché de rue où tu y trouves de tout, même un ami.

J’ai dû demander à 4 personnes. Elles m’ont toutes donné des informations contraires
(ou peut-être c’était la même information dite de manière distincte à chaque fois pis j’ai rien compris. C’est possible, j’parle environ 3% espagnol après tout)

Ça m’a coûté 100 pesos de mon hôtel jusqu’au marché. 10 minutes de char.
40 pesos du marché jusqu’à San Augustin Etlan. 45 minutes de char.
J’pense me suis fait fourrer quelque part.
Mais bon, c’est aussi ça la vie de touriste!

Pendant cette aventure en plein trafic Mexicain, j’ai eu une émotion forte.
La mer me manque.
Y’a rien qui équivaut à se baigner 4 fois par jour dans la mer salée au fort courant.
Être graine à l’air à 6h du matin, au levé du soleil, sur une plage déserte, à s’baigner;
Y’a pas grand chose qui top ça.
Prochaine fois, m’a y rester plus longtemps.

P.S:: Tsé la mon aventure à chercher un colectivo dans un marché pendant 3 heures en plein soleil?
Ben j’ai appris par la suite que c’est l’endroit le plus dangereux en ville. Heureusement j’étais là , de 11h à 14h quand le soleil cuit la peau parce que les bandits font la sieste pendant c’temps la.
Le crime commence son shift à 16h.

P.P.S: À la publication de c’te chronique la, ma surment être rendu dans un ashram en Inde.
Tsé Félix, un ashram c’est un endroit où tu te lèves ben trop tôt pour faire beaucoup trop de
yoga pis tu fourre pas. Y’a pas de fourrage. Rien fuckall.
Tout ça pour dire que j’ai toujours pas fourré. Tu seras le premier averti quand ça va se passer.
Inquiète-toé pas la dessus.

Pis tsé, dans l’fonds, c’est pas mon premier Rodéo en solo.
L’intimité est un aspect de ma vie que j’ai souvent eu d’la misère à concrétiser.
J’suis un peu comme un cowboy perdu dans l’désert;
ya rien à fourrer dans l’désert faque y fourre pas.

Bon, l’analogie est pas mal cheap, mais dans l’fonds, c’est ça l’but.