Pour Félix n.5


Ok mon Félix, check ça.

J’suis à Padmanabhapuram depuis un mois. Un p’tit village perdu dans le Tamil Nadu. L’attraction touristique du coin c’est le palace royal. Y’a pu de roi dedans depuis longtemps mais les touristes indiens y affluent par milliers.

Il doit y avoir des centaines de voyages organisés en autobus. Chaque voiture est différente.
Ça peut ressembler à un vieux fourgon scolaire tout comme un tour bus de rock star.

Ils sont drôles les bus. Ils sont remplis de logos pis de slogans semi cool avec des fautes d’orthographe du genre: ‘’Underfeated’’ ‘’Work hard be a Winer’’ ‘’King of kings’’ ‘’Where to road end, the fun begin’’. Avec pleins d’images de gars musclés un peu partout sur le bolide, c’est comme si des ti-gars de 12 ans se seraient fait un business touristique.

On devrait starter un business du genre toé pis moé. On pourrait apporter des touristes français à St-Hyacinthe chez Lucien pour leur montrer le plus grand feu de palettes au monde. Souper de lapin à la pabst inclue dans le prix.

Notre bus pourrait avoir comme slogan: ‘’Tu découvre le Québec, en tabarnak’’
M’semble ça serait une bonne évolution de Ride ton char d’in rangs, non?

Sur un autre sujet, t’imagines pas à quel point le monde y mange du riz par ici. Matin-midi-soir. Tous les jours.

J’me suis lié d’amitié avec une famille du coin. On a chillé en masse ces dernières semaines. À un moment donné, j’ai fait part que la quantité de riz était trop pour moi.
Par la suite, ils ont commencé à m’appeler ‘’Baby rice’’

Genre, jt’e niaise pas, un adulte, pour diner, mange au moins deux livres de riz à lui seul. Y’a un jour où Salitha, la femme qui cuisinne pour la famille me regarde et me dit: ‘’Today, no rice’’ (‘’aujourd’hui, pas de riz’’). J’étais ben content. Mais là, elle me sert un énorme plate de riz dans de l’eau salé avec un autre nom que ‘’white rice’’

Ça m’a surpris pis ça m’a fait rire.
Un peu comme le café d’ici qui est que de l’instant, y’a du riz dans le non-riz pis y’a pas de café dans l’café.

Les deux questions qu’on me pose le plus souvent c’est ‘’Tu viens d’où?’’ et ‘’t’es tu marié?’’
J’pense faut en venir à l’évidence, y’aura pas de fourrage d’une nuit pour Bobcat dans c’te coin-ci du monde. Le bobcat est un animal solitaire de toute façon.

Aujourd’hui, je viens de quitter mes ami-es de Padmanabhapuram. J’suis vraiment béni de les avoir rencontrés. Je fais partie de la famille dorénavant. De l’hospitalité ‘’de course’’.
J’ai appris pleins de mots de Tamil et ils m’ont même fait un lunch pour la route.
J’suis choyé fois mille, man.

Ok bro, on va finir c’te texte la en beauté avec le dévoilement du concours ‘
’What the fuck calice, esti de criss de bâtard de viarge, tabarnak’’.

3e place: Les moustiques. Icitte, ils sont voraces, silencieux et agressifs. Contrairement à nos moustiques québécois que tu ressens leur piqûre avant qu’il soit trop tard, ceux d’ici, tu sens rien sauf quand la job est faite. J’dirais que ça démange au moins trois fois plus que nos moustiques.

Y’a une soirée où j’étais allé au puits, à l’orée de la jungle, pour remplir des buckets d’eau.
J’me suis tellement fait attaqué que j’ai compris le désir d’extermination brutale et sans merci d’une autre espèce. A c’te moment là, si un bouton existait que tu pouvais tuer une espèce entière, je l’aurais enfoncé avec un lance flamme sans penser aux conséquences sur l’environnement.

2e place: Les mangues. Oui bro, les mangues!
Ok, check ça. En tant que blanc canadien, j’avais jamais ceuillis ça une mangue. Faque en gros, quand tu les enlèves de l’arbre, à la racine du fruit, y’a un jus blanc qui sort pis qui te gicle sur les mains. Tu te poses pa;s de question parce que t’es un blanc canadien ignorant tout de la flore Indienne. Laisse moi ben t’dire que c’te jus la, il cause des brûlures chimique sur la peau assez brutale. J’vais probablement en avoir des traces à vie pour le prouver.

1ère place: Le grand gagnant du concours, c’est le Mascouti.
Ok bro, celui-là c’est un autre niveau de souffrance. Le mascouti c’est une chenille poilue qui perd ses poils pour se protéger pis ça te rentre dans la peau. Je soupçonne qu’elle les perd juste pour faire chier.

Faque j’suis la, un après midi avec ma nouvelle famille Tamil lorsque la petite fille de 6 ans me regarde puis me demande de shaker son sari accroché à une branche d’arbre qui lui sert de balançoire. J’le fais aussitôt, j’me suis dit que d’enlever une coupe de fourmis pis de chenilles y’a rien la. Cinq minutes plus tard, après avoir shaké ça comme un bon, ça commence à piquer ma peau. La douleur augmente au point que j’ai l’impression qu’on m’a jeté de l’huile bouillante dessus. C’est le fucking enfer, man. Comme se faire râper la peau avec du vieux barbelé rouillé puis se rouler dans des tisons ardents en même temps.

Une chance que la famille savait c’était quoi et quoi faire avec la situation sinon j’aurais fini à l’hôpital. Morale de l’histoire: à l’avenir, éviter les chenilles.

N.15  »l’Inde, Reine du traffic »

Klonks, klanks, ratatata, tshiiiititi, vrooom whaaam et ribambelles de klaxons symphoniques. C’est le son du trafic à l’indienne.

En pleine place publique dans un petit village du Tamil Nadu à l’intersection principale du village, c’est ici que l’action se trouve. Un thé au gingembre en main, j’observe la beauté chaotique. C’est tellement chaud que je dois suer la tier de mon poids chaque jour.
Les gens me disent que ça ne va qu’augmenter jusqu’à la saison des pluies de juillet.

Je suis le seul touriste étranger à ce temps-ci de l’année. Il n’y a pas grand monde assez fou pour visiter durant ce climat brûlant et humide. Oublis les saunas, viens t’en dans le sud de l’Inde au mois de Mai. Tu vas en avoir pour ton argent.

Pas de remboursement.
Se faire semi-arnaquer par des chauffeurs de taxis inclus dans le prix.
Les vacances parfaites!

La première fois que j’ai vu le trafic à l’Indienne, j’en fus époustouflé. Ils changent de ligne à tout moment. Les bus te passent sur le côté à dix centimètres de requérir ta vie. Il n’y a pas de feu de circulation et les piétons s’y donnent à coeur joie eux aussi.

C’est un désastre magnifique.

Un jour, lorsque je profitais d’un jus de mangue dans la capitale du Kerala, directement en face de la circulation, une réalisation m’est soudainement apparue.

Malgré les milliers de chars, autobus, motos et camions passant devant moi, je ne ressentais aucun stress. Pas une seule miette.

À la maison à Montréal, j’évite le trafic à tout prix. Il y a une tension présente dont je n’aime pas m’approcher. Ici, à Thiruvananthapuram, cela ne me dérange pas du tout.

En m’interrogeant sur le sujet, j’en suis venu à une explication possible.

Contrairement au trafic canadien qui est empli de frustration, colère, désespoir et souffrance, le trafic Indien est tellement sauvage et gargantuesque, la seule manière d’y survivre, c’est de jouer. D’être joueur. L’approcher comme un jeu.
Sinon t’hésite et tu meurs.

C’est une hécatombe sans fin.
Tu dois trouver l’opportunité et sans aucune trace d’hésitation, la saisir.

Qui aurait pu croire que le trafic pouvait contenir une leçon de vie si profonde.
Lorsque tout est en mouvement, la victoire vient à ceux qui prennent action avec clarté et caractère décisif.

N.14. La rencontre d’Abdul le généreux


On s’est fait enseigner l’art de la générosité. Sorti de nul part, un ange nous est descendu et nous a offert ce qui ne peut être acheté.

Moi et Javi étions assis à l’ombre d’un kiosque de thé fermé à jouer de la musique pour cultiver notre enthousiasme et passer le temps lorsque soudainement, Abdul apparaît dans son accoutrement digne d’un nomade du désert.

Seuls ses yeux brillants étaient visibles.

Il nous écoute intensément pendant quelque temps puis disparaît.
De retour dix minutes plus tard avec du chai qu’il nous offre aussitôt.
Et ainsi débute notre amitié.

La langue anglaise étant limitée à quelques mots, on a communiqué avec le cœur. En fin de soirée, on s’est retrouvé chez lui en compagnie de sa famille entière.

Ils nous ont nourri abondamment. Nous avons joué de notre musique en retour.
Tant de gratitude émanait de ces gens que la musique a coulé tel un torrent montagnais printanier.

Au premier regard, on pourrait être tenté de catégoriser ces gens de ‘’pauvres’’.
En vérité, je n’ai que rarement rencontré une aussi grande richesse. Une maison humble emplie d’amour et de sourires devance toutes autres possessions matérielles.

‘’Dieux est généreux’’ répétait Abdul.
les yeux luisants et un sourire authentique.
Une main sur le cœur et l’autre vers le ciel.

‘’Ton bonheur est mon bonheur, mon frère’’ qu’il disait, en nous offrant une autre boisson chaude.

Une vraie leçon de gentillesse et d’accueil.
J’en fus profondément touché par l’aspect inconditionnel de la situation.
Ma perspective de ce qu’est la générosité est altérée pour toujours.

Une de ses filles est devenue lumineuse lorsqu’elle a vu mon banjo. Elle voulait absolument l’essayer. Une musicienne en devenir!

Javi et moi avons décidé d’acheter une guitare pour la famille. Qui sait, on va peut-être revenir dans quelques années pour y trouver des maîtres de la musique.
Si Dieu le veut!

C’est important, selon moi, d’apprendre à recevoir avec grâce et de donner sans conditions. Deux côtés de la même pièce.

L’impression que la pièce fût salis par notre environnement capitaliste m’habite. Tout est devenu marchandage. Je suis peut-être rêveur et naïf mais je suis persuadé que les plus grandes richesses ne peuvent pas être vendues ni achetées.
La vie ne peut se réduire à une transaction commerciale.

On arrive les mains vides et on repart les mains vides.
L’aventure qu’on fera l’expérience entre ces deux pôles est entièrement notre responsabilité.

Je doute me souvenir des dollars que j’aurai accumulé au long de ma vie.
Par contre, les sourires comme celui d’Abdul disant ‘’Dieu est généreux’’ en nous offrant du poisson fraîchement préparé, ça, sera toujours en mon coeur.

Si Dieu le veut, mon frère, notre amitié ne fait que commencer!

N.13 La barbe pousse, les aventures continuent

Lorsque Pedro,
mon coloc du moment m’a demandé si je voulais aller à l’église pour des ‘’pasas’’
j’ai dit oui!

Je n’avais aucune espèce d’idée de c’que ça voulait dire mais quand l’aventure appel,
je réponds!

J’ai pu vaguement comprendre que c’était en lien avec de la nourriture.
J’venais juste de souper mais peu importe.
Une opportunité d’apprendre se doit d’être saisie.

En fin de compte, des pasas, c’est des frites graisseuses. pleine de mayonnaise et de fromage douteux. Un délicieux désastre.

Il y a tant de joie qui provient d’accepter les imperfections.
Les tournants d’autoroute impromptus
Les changement de plan surprenant
Les moments semi-malaisant où 2 personnes ne parlant pas le même language tentent de se comprendre
Se bourrer de frites, le ventre plein, dans l’espoir d’apprendre un nouveau mot d’espagnol
L’effondrement grandiose d’une fantaisie irréel

Ou encore mieux, le best of the best, d’arriver à la fin du trajet pour te rendre compte que t’as manqué ton arrêt, te rendre compte que t’as absolument aucune idée de où t’es et de quoi faire pour la suite. Pas de wifi icitte, bro.

Saluons l’imparfait!

Comme j’ai pu le mentionner par le passé, c’est les choses simples qui font toute la différence dans une vie.

Une fois encore, on m’a accueilli comme un ami. On m’a offert de quoi manger, un lit et de l’inclusivité. Faire la vaisselle par la suite me semblait être le déroulement logique des choses.

La vie coule aisément lorsque l’acceptation, la chaleur humaine et une communication claire font équipe pour entretenir un environnement qui tend vers l’épanouissement et la liberté.

J’me suis beaucoup questionnée sur mes choix. Sur ce que je crois être possible et les endroits vers lesquels je gravite. Une chose que j’ai pris conscience hier:
Je ne reviendrai jamais.

L’aventure que j’entame changera à tout jamais qui je suis.

Le processus de transformation est déjà rapide et fluide.
Encore plus maintenant que je suis loin de mon environnement de Montréal

Personne ne me connais
Personne n’attends quoi que ce soit de moi
Je peux me réinventer à chaque instant sans causer de turbulences.

Une nouvelle ville. Faire de nouveaux ami-es.
Encore plus barbu qu’hier
Le même bon vieux langage espagnol dont je comprends 12%

Me v’là à San Agustin Etla,
L’aventure continue!

N.12 Du café, de l’art et des aspirations


J’suis arrivé à la ville de Oaxaca hier aux alentours de 4h pm.
J’ai trouvé mon hôtel et j’suis allé me promener.
J’ai aisément vu plus d’art durant ma marche de soirée qu’un mois complet à Montréal.

C’est une culture foisonnante par ici.
On me l’avait mentionné plusieurs fois déjà.
Célébré de par le monde pour sa gastronomie et son art

Mon amie Mexicaine m’a dit qu’à la racine, Oaxaca est issue d’une culture guerrière. Les habitants sont de fervents protestataires et n’ont pas peur de le faire savoir.
Je confirme, par le son d’une fanfare, venant du parc d’à côté, à 8h du matin.

Et bien voilà que la visite touristique d’un homme ignorant s’entame!

J’vais un peu plus loin à chaque fois en essayant de me souvenir du chemin.
Si j’sors mon cellulaire pour google maps, je perds.

C’est le jeu que j’ai décidé d’entreprendre.
Si je perds, j’dois un café au gagnant
Si je gagne, je mérite un café

C’est une aventure d’attention de spatialité géographique qui se termine souvent avec les dents qui grincent. Tsé, un espresso par ci, un autre par là, c’est pas long que ça dérape.

J’suis de bonne humeur aujourd’hui.
Allons donc dans un parc où il y a des passants en masse pour aller y jouer du banjo.
Un Bobcat va s’essayer de s’faire des nouveaux amis. Souhaite moi bonne chance!

Un après-midi plus tard…

Ok, bien que la ville est sans équivoque unique en son genre, ça m’rappelle toutes les autres destinations touristiques. La recette diffère mais la recette est la même.

J’ai envie de silence et d’espace.
J’suis à une époque de ma vie où je désir la profondeur de la tranquillité de m’engloutir dans ses bras.

J’ai envie de faire un feu sous les étoiles
J’aspire à jouer de l’harmonica en forêt
J’veux être en présence de rivières et montagnes

Tu peux garder ton resto fancy pis tes partys extatiques
Ma prendre une coupe de bananes, des noix, mon banjo et me diriger vers les vallées;
là où le ciel et la terre font l’amour régulièrement

J’aspire à être en rythme avec la nature
Pas avec le tempo citadin
Je l’ai suivie trop longtemps déjà

Mais tsé, c’est mon point de vue personnel de l’instant.
Si t’apprécie l’art et la gastronomie de ‘’course’’, tu dois venir faire un tour à Oaxaca city.
Tu vas pas le regretter.

De mon bord, tu pourras m’trouver dans l’désert à regarder les galaxies au pied d’un feu de brindilles et d’herbes sèches

À chacun son aventure!

PS: Plus tard cette nuit-là, au hasard de mon errance, j’suis tombé sur un concert d’un musicien au nom d’Hector Diaz. Un guitariste sans pareil. J’étais collé à ma chaise pendant 3 heures avec la gueule à terre. Si il y a bien une chose que les grandes villes ont en commun: y’a du musicien exceptionnel au pied carré.

Faut ben y donner ça
Faut ben y donner ça

N.11 Les chiens, les au revoir et l’amitié

Aujourd’hui, j’suis parti à l’aventure avec Sombra, le chien noire et élancé du coin. Elle m’a amené en bas de la montagne jusqu’à la rivière, en haut de l’autre montagne et finalement de retour à la rivière. On a joué dans l’eau. J’ai chanté pendant que Sombra déterrait des racines.

On s’exprimait avec le même langage.

Un chien extrêmement intelligent. Toujours à l’affût de ma position.
Elle venait me chercher si on s’éloignait un peu trop.
La meilleur guide en ville!
Une vraie leader.

Sa compensation fût d’un poisson séché et 4 œufs. Un bon deal.
On est dorénavant meilleurs amis!

Le matin suivant, le temps est venu de partir de ce paradis sur terre.
Reprendre la route et me diriger vers une autre ville.
À la découverte de nouvelles aventures et de nouvelles ami-es.

C’est drôle comment la vie orchestre les choses
Chaque au-revoir est unique

Aussitôt sortie d’la cabane à tortillas, le collectivo arrive au coin de la rue.
Un bec sur la joue et on se quitte. Simple comme ça
Un chapitre se termine puis un autre s’entame.

Mon coeur s’attendrit et se remplit de gratitude

Un dernier câlin à mon amie Lula
Un dernier tamales pour mes ami-es Wapo et Sombra
Un dernier regard vers San Mateo à la sortie

Los Vemos! On se reverra.

On m’a accueilli comme un frère.
Bercé par le silence du village
J’ai mangé en masse des tortillas faites par une grand-mère de 80 ans au coin de la rue.
J’me suis amusé avec les chiens, fais des feu et farouchement joué sur mon banjo

J’ai d’la gratitude et savoure chaque instant.
J’aime la vie et je suspecte, de la manière dont les aventures s’enlignent,

La vie m’aime aussi

À plus les ami-es!!!

Pour Félix N.4


Ok Félix, laisse moi ben te parler de l’incarnation même du parfaitement imparfait,
le king des réguines: les vélos d’ashram.
Y sont jaune ça grince en masse pis sont tout rouillés. Desfois le banc y tient pas su’a rod, le guidon y déglingue, les pédales sont croches pis la roue aussi.
Tout l’monde peut les prendre pour se déplacer. Ça aide.
l’ashram est assez grand, ça simplifie le point A au point B.

Plusieurs dizaines de personnes y passent dessus chaque jour, et ça, je soupçonne, depuis plusieurs années. C’est con, mais le fait qu’ils soient tous pourris me fait terriblement sourire. Ya de quoi de vraiment rassurant et qui ramène à la réalité joueuse la dedans;
de l’importance pas trop s’prendre au sérieux.

Même un vieux vélo scrap peut rendre service et faire rire.
Ya de l’espoir dans ma carrière d’écrivain de niaiseries semi-wise.
Si les vieux vélo jaunes peuvent, esti, Moé itoo!

Sur un autre sujet, les femmes ont tellement de grâce par icitte c’est pas croyable.
On dirait des déesses divines.
Je sais que t’aime ben ça les femmes, c’pour ça j’te le mentionne.
Les vêtements qu’elles portent me rendent jaloux, moi aussi j’porterais des accoutrements du genre. Mais bon, yé quand même trop tôt pour être le gars blanc Canadien qui s’habille comme une femme. J’vais apprendre les mœurs d’ici avant de les briser.

C’est drôle, en prenant l’avion de Mexico-Paris, Paris-Bangalore, je m’attendais à endurer 25 heures de vols pas confortable, affamé à juste manger des grenâilles trop chères d’aéroport d’entre 2 vols. Finalement, bro, j’ai mangé comme un esti de chef. Y se trouve que Air France ça donne 2 repas ‘’de course’’ pis des snacks tout le long du vol.
De tout mon voyage à date, j’ai jamais autant mangé que dans l’avion.

J’ai eu ben du fun aussi. J’ai checké une couple de bons films, mais surtout, j’me suis fait ami avec les hôtesse de l’air. On a bien rigolé! Y’en a une qui m’a donné ses coordonnées, pour le jour où j’suis perdu en Afrique ayant besoin de conseils.
Le genre de contact qui vaut de l’or.


Man j’me suis retrouvé à Kanyakumari dans le sud de l’inde, l’endroit où 3 océans se rencontrent: Le golfe du bengale, la mer d’arabie et l’océan indien.
Tu te rappelles le chien mexicain tout frippé et vieux que j’tai mentionné y’a 2 textes de ça?

À c’te place là y’a des chiens tellement scrap de la vie j’en suis pas revenu.
Ils sont plein de trou, ils marchent tout croche, les yeux affolés pis y’ont tous de gigantesque pénis. Une canette de redbull pis c’est pas une joke. Ya probablement une maladie qui créer ça. J’te jure, man, j’en ai vu un avec une queue aussi grosse que sa cuisse.

D’habitude je flatte tous les chiens et chats que je rencontre mais la, j’ai pas pu.
Sont tellement scrap et sale, j’ai pas osé.
C’est vraiment triste tout ça. je ne sais pas c’est quoi qui se passe avec ces chiens là.
Ils ont tous l’air sortis de 4 ans dans les tranchées dans la première guerre mondiale.
C’est fou raide. J’vais même pas prendre de photos, c’est trop triste.

Pour finir ça sur une note plus positive, j’me suis fait adopté par une famille dans le Tamil Nadu. Ils m’ont nourri comme jamais et on rit bien ensemble. On a pêche dans un lac totalement malpropre et oui, j’ai mangé le poisson. J’pas encore mort.

La qualité de l’hospitalité d’ici me fait revisiter ma perspective de ce que sont la générosité, l’inclusion et le partage. Check moé ben rapporter toutes ces apprentissages la au Québec et mettre ça d’avant non seulement dans ma vie, mais aussi dans la création de festivals. Justement, j’vais avoir besoin d’un homme à tout faire pour aider à la construction des bâtiments requis. J’peux compter sur toi?

N.10 La ville du rêve

L’endroit feel comme un rêve.
Comme si, lentement, on m’apportait dans un état de transe.
Il y a une spatialité particulière ici.
Très large et vaporeuse

J’me sens ralentir
Je dors comme une roche
J’comprends maintenant les gens qui m’ont dit que leur expérience de la temporalité est hors du commun. Les mois passent sans qu’on s’en rende compte.

Des rêves des plus étranges me sont venus, étant ici.
C’est pas surprenant que c’est la terre de médecine des champignons par ici.
J’ressens quasiment leurs esprits qui me font signe de retourner à l’intérieur de moi.
Ils me rotissent tendrement vers un état réceptif.

Bien que mes années de recherches interne par les psychédéliques soient loin derrière moi, je comprends pourquoi c’est ici l’endroit où le faire.

J’ai l’impression d’avoir constamment une jambe dans le monde et une dans le rêve.
Et ce, par ma simple présence ici.

Y’a une attitude redneck que j’aime bien aussi
Les locaux brûlent des vidanges, élèvent des animaux et construisent des maisons
Une vraie vie simple et honnête

Tout l’monde se dit bonjour au passage, sans être trop imposant l’un à l’autre.
L’espace personnel est respecté
Ça m’rappel la campagne où j’ai grandis

J’aime ça ici.

Pendant que la musique d’Alpha Mist me berce vers les frissons, au café du coin, je cogite à propos de mes choix. J’examine ma relation à l’intimité. Ça fait un temps que ça m’traîne en tête. Je veux changer mon expérience de la chose.

Tu vois, j’suis un gars ben ouvert, mais pour quelle raison quand vient le temps pour l’intimité, j’ai tendance à hésiter. Je perds la connexion avec mes désirs pis j’me sent perdu face à ce que je veux vraiment et de comment m’y prendre.

Peut-être c’est une vieille réaction semi-consciente qui ressort d’un trop de fois le coeur brisé ou une sorte de peur du rejet. Ça n’a pas de sens de s’emmurer hors de l’expérience humaine de l’intimité, non?

Récemment, j’ai pris la décision de considérer ma vie du point de vue de la souveraineté personnelle et de l’humour.

Je prends la responsabilité de mes actions, prêt à m’ajuster et me réaligner au besoin.
J’approche la vie avec la légèreté de l’être.

Notre existence humaine est une danse entre la perfection et l’imparfait.
À prime abord, il y a toujours de la place pour rendre les situations meilleures mais la toile de fond de l’immaculé, jamais ne s’en va.

Les deux dansent main à main en direction d’une acceptation profonde de la nature du changement. Ce n’est que du jeux. Rien de trop sérieux en fin de compte.

Et bien voilà, je finis mon deuxième espresso. J’suis allumé comme une centrale électrique et prêt à bouger. C’est l’temps que j’aille me trouver un vélo et de partir à la découverte du village.

Hasta la proxima, amigos!

N.9 Chasseurs de fil

L’écriture, c’est comme un retour à l’école.
Par contre, le professeur apparaît soudainement dans le silence, transmet sa sagesse puis s’évapore aussitôt dans le vide.

Du moins, c’est ça mon expérience.

J’approche l’écriture tout comme j’appréhende la musique: j’entre dans un état de présence avec curiosité et ouverture. Je pars ensuite à la recherche du premier filon.
Une fois localisé, je tire.

J’ai lu une phrase dans un livre nommé ‘’The lion tracker’s guide to life’’ qui va comme suit: ‘’Je n’ai aucune idée où je m’en vais, mais je sais exactement comment m’y rendre’’

J’trouve que ça illustre le point avec clarté.

J’me rappelle, il y a des années de ça, à composer de la musique avec mon ami Alex.
À partir dans des états frénétiques de créativité. On jouait la chanson encore et encore, un ajustement ici, un ajout par là, en suivant la ficelle créatrice sans jugement et sans peur.
L’aventure pouvait devenir très rapide et vraiment amusante.

À la racine du procédé créatif, il se trouve la capacité d’attention
Le plus d’attention que l’on peut porter et soutenir, le plus fort le courant créatif sera.

En d’autres termes, le plus profond que l’on peut voir, toucher, goûter, sentir et ressentir, le plus d’informations est disponible à être utilisé.

As tu déjà été dans une situation à être incapable de trouver une solution pour ensuite partager le problème à un ami, qui elle, en quelques secondes trouve la réponse?

L’évidence se cache face à un esprit momentanément obtus.

L’art me fait errer vers la vie
Et la vie vers l’art
Je réfléchis à comment appliquer des concepts créatifs acquis par expérience de retour dans la vie de tous les jours.

En termes concis: comment suivre le fil.

J’en ai fait plusieurs expériences.
Même si je ne possède pas un aussi grand bravado dans ma vie qu’en musique, il y a sans équivoque une présence très similaire à l’art.

Je n’ai qu’à me familiariser avec le langage un peu plus.
Prendre actions
Être sans peur d’échouer
Apprendre plus possible
et, par-dessus tout, être joueur.

C’est l’approche qui m’a rendu au niveau de pouvoir improviser en musique pendant des heures. Je suis certain que ça va fonctionner dans ma vie de tous les jours aussi.

la découverte!!

N.8 Vieux Journal Poussiéreux

J’hésite à me l’avouer
J’étais endormi au volant depuis tellement longtemps.
J’avais oublié comment le ressentir.
Digne d’un objet emballé dans un vieux papier journal laissé à l’oublis dans un coin sombre du grenier.

Mon dieu, pourquoi?
Pourquoi n’ais-je pas fait ça plus tôt?

Je t’entends.
‘’Mais de quoi parles, Simon?

Faire le party, la fête, la fiesta!
Par moi-même, pour moi-même.
Se relaxer, rire, s’amuser et célébrer
Ça fait un bien fou.

Je m’explique.
Je venais d’aller au gym publique dans le parc et de m’empiffrer de dobladas (un gros tortillas plié en 2 avec ben du stock dedans)
C’était le soir.

J’étais plein à craquer et allumé comme une centrale électrique.
Aucune chance de dormir dans cet état la.

J’suis donc allé à la plage.
En nageant sous les étoiles ça m’est venue: Va chercher ton banjo, promène toé le long de la plage et chante comme si y’avait pas de lendemain.

C’est ça qui s’est passé!

Je ne m’étais pas senti aussi libre depuis des années.
Suite à cette épopée, j’ai fais ce que n’importe quelle personne emplie de joie est enclin à faire: partager.

Je suis aller dans la rue pour y jouer le contenu de mon cœur aux passants de soirée.
Quelques un-es ont mêmes dansé et joué

C’est dans la simplicité qu’on trouve le bonheur.
C’est dans les choses simples qui font toute la différence dans une vie.

La plus belle femme m’a sourit avec un sourire digne du chat dans Alice au pays des merveilles. J’ai retourné la faveur.

Une autre a dansé au son de ma raga. On a échangé quelques notes et mouvements.

Le gars du gym m’a donné un ‘’thumbs up’’ au passage.

C’est les choses simples.

Les petits cadeaux de la vie qui nous poussent gentillement vers une vie de joie.
Tel des panneaux indicateurs dévoilant le chemin à prendre, nous recevons des sourires, et des témoignages d’appréciation lorsque l’on se trouve sur la bonne voie.

C’est à nous de découvrir où cela va bien nous mener.

Crois moi, j’ai acheté mon one way ticket jusqu’au bout.
À la découverte de ce que la vie va bien apporter!

T’embarques?