
On s’est fait enseigner l’art de la générosité. Sorti de nul part, un ange nous est descendu et nous a offert ce qui ne peut être acheté.
Moi et Javi étions assis à l’ombre d’un kiosque de thé fermé à jouer de la musique pour cultiver notre enthousiasme et passer le temps lorsque soudainement, Abdul apparaît dans son accoutrement digne d’un nomade du désert.
Seuls ses yeux brillants étaient visibles.
Il nous écoute intensément pendant quelque temps puis disparaît.
De retour dix minutes plus tard avec du chai qu’il nous offre aussitôt.
Et ainsi débute notre amitié.
La langue anglaise étant limitée à quelques mots, on a communiqué avec le cœur. En fin de soirée, on s’est retrouvé chez lui en compagnie de sa famille entière.
Ils nous ont nourri abondamment. Nous avons joué de notre musique en retour.
Tant de gratitude émanait de ces gens que la musique a coulé tel un torrent montagnais printanier.
Au premier regard, on pourrait être tenté de catégoriser ces gens de ‘’pauvres’’.
En vérité, je n’ai que rarement rencontré une aussi grande richesse. Une maison humble emplie d’amour et de sourires devance toutes autres possessions matérielles.
‘’Dieux est généreux’’ répétait Abdul.
les yeux luisants et un sourire authentique.
Une main sur le cœur et l’autre vers le ciel.
‘’Ton bonheur est mon bonheur, mon frère’’ qu’il disait, en nous offrant une autre boisson chaude.
Une vraie leçon de gentillesse et d’accueil.
J’en fus profondément touché par l’aspect inconditionnel de la situation.
Ma perspective de ce qu’est la générosité est altérée pour toujours.
Une de ses filles est devenue lumineuse lorsqu’elle a vu mon banjo. Elle voulait absolument l’essayer. Une musicienne en devenir!

Javi et moi avons décidé d’acheter une guitare pour la famille. Qui sait, on va peut-être revenir dans quelques années pour y trouver des maîtres de la musique.
Si Dieu le veut!
C’est important, selon moi, d’apprendre à recevoir avec grâce et de donner sans conditions. Deux côtés de la même pièce.
L’impression que la pièce fût salis par notre environnement capitaliste m’habite. Tout est devenu marchandage. Je suis peut-être rêveur et naïf mais je suis persuadé que les plus grandes richesses ne peuvent pas être vendues ni achetées.
La vie ne peut se réduire à une transaction commerciale.
On arrive les mains vides et on repart les mains vides.
L’aventure qu’on fera l’expérience entre ces deux pôles est entièrement notre responsabilité.
Je doute me souvenir des dollars que j’aurai accumulé au long de ma vie.
Par contre, les sourires comme celui d’Abdul disant ‘’Dieu est généreux’’ en nous offrant du poisson fraîchement préparé, ça, sera toujours en mon coeur.
Si Dieu le veut, mon frère, notre amitié ne fait que commencer!















